L’analyse des problèmes environnementaux énumérés dans le chapitre 3 en utilisant comme critère leur impact économique, social, sanitaire et géographique, permet de hiérarchiser ces problèmes en Côte d’Ivoire :
Général : La croissance démographique, la pauvreté, l’exode rural et la création des quartiers précaires.

Problèmes prioritaires :

 
Problèmes au deuxième rang : 

 
La matrice montre clairement la dépendance entre les enjeux environnementaux et presque tous les secteurs économiques et sociaux du pays. 

Tableau  3 : Matrice des enjeux environnementaux  

Pressions sur l’environnement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SECTEUR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sécurité alimentaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Transport et Infrastructure 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Agriculture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elevage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pêche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Foresterie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Industrie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exploitation minière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Energie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tourisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commerce

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Education

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Santé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eau & Assainissement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Justice Loi et Réglementation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bilan de paiement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Décentralisation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne gouvernance, institutions, droits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  La synthèse des différents aspects environnementaux du pays permet de dresser les conclusions suivantes : 
Conclusion 1: 
La dégradation de l’environnement, déjà peu maîtrisée avant la crise dans certains domaines (pollution d’eau, déchets, déforestation), s’accélère suite à l’absence de mécanismes de contrôle dans plusieurs zones, à l’appauvrissement rapide de la population et à l’exploitation illicite de certaines ressources naturelles. De plus, le niveau de sensibilisation environnementale reste très faible. La dégradation alarmante des conditions de vie, surtout des jeunes, présente un haut risque pour la stabilité sociopolitique future du pays.
Conclusion  2: 
Une grande partie des lois et décrets nécessaires dans le secteur de l’environnement a déjà été approuvée. Il reste encore la signature de certains décrets, mais en général le cadre législatif semble suffisant. Cependant, il manque la mise en œuvre et l’application efficace de textes législatifs sur le terrain. Le Gouvernement n’a pas encore défini une stratégie nationale pour le développement durable (NSSD) pouvant faciliter l’intégration transversale de l’environnement dans tous les secteurs. La structure chargée de la coordination des différents Ministères et de l’élaboration du NSSD n’est pas encore opérationnelle, malgré la volonté politique déclarée depuis 1993.
Conclusion 3:
La situation actuelle, marquée par l’incertitude, empêche toute évolution du processus de planification à moyen ou long terme. Les bonnes initiatives au regard de l’environnement engagées dans les années 1995 -2002 (DSRP, PNAE, PCGAP…) sont bloquées et actuellement l’environnement n’apparaît pas comme une priorité que ce soit au niveau gouvernemental, ou pour celui des bailleurs de fonds vu les problèmes sociopolitiques du pays.
Conclusion  4:
Les différentes structures étatiques sont caractérisées par des restructurations récurrentes. Ainsi, cela occasionne une absence de "mémoire institutionnelle" et un manque de clarté sur les missions, rôles et tâches attribuées entraînant confusion et parfois duplication. Les capacités du Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts sont extrêmement faibles sur les plans financier, de mise en œuvre des programmes, de suivi/évaluation/contrôle et  pour l’intégration transversale des aspects environnementaux dans les autres secteurs. Les orientations des différents Ministères et Directions sont sectorielles souvent même concentré sur une seule filière. Plusieurs thèmes environnementaux tels eau/assainissent, déchets industriels/ménagers sont traités par des ministères différents.
Conclusion 5:

De multiples données pour une variable, plusieurs variables pour un indicateur environnemental, sont dispersées entre de nombreuses structures et plusieurs Ministères, sans harmonisation des collectes et sans  traitement et analyse des informations au niveau central. Cette situation empêche le suivi de l’état de l’environnement au niveau national, suivi indispensable pour l’appréciation de l’impact des différents programmes du gouvernement