Les pays européens ont accompagné depuis de longues années la Côte d’Ivoire dans les secteurs de l’agriculture/élevage, du développement rural, de la foresterie et de l’environnement (7. III – 9). Du 1er FED au 8ème FED, l’agriculture et le développement rural furent des priorités de la coopération de la CE et le développement rural durable a été retenu comme secteur de concentration dans la programmation du 9ème FED avec un volume d’environ 75 MEUROS à titre indicatif. Dans le cadre du développement urbain et de la décentralisation, la CE a engagé, au titre du 8ème FED, 49,5 MEUROS dans l’assainissement de la ville de Korhogo (PSDAT) pour continuer les engagements antérieurs au titre du 4ème et du 7ème  FED. De plus, les lignes budgétaires "Bananes" et "Environnement" ont été mobilisées depuis longue temps et la CE s’est engagé depuis 1991 sur les ligne budgétaires et les fonds Stabex dans la conservation et la gestion des aires protégées. Par ailleurs, les Etats membres de l’UE, notamment la France, l’Allemagne et la Belgique ont eu des programmes importants dans les secteurs liés à l’environnement.
La guerre et la crise profonde à partir de 2002 ont bouleversé tous les programmes de coopération : Le 9ème FED n’a jamais été signé et l’enveloppe A a été transformé en programme d’urgence et de réhabilitation (PUR I, PUR II, PUR III, PUR IV) de l’enveloppe B. Un programme d’aide humanitaire (intervention ECHO) était mobilisé. Ces programmes interviennent surtout dans les domaines de la réconciliation nationale/DDR et la réhabilitation des secteurs sociaux (santé, eau, assainissement, éducation). Les activités environnementales appuyées par la CE  depuis la crise se limitent à la finalisation du Recensement National de l’Agriculture de 2001 via la FAO et à une étude sur la faisabilité de reprise des programmes de conservation des parc nationaux du Mont Péko et de la Marahoué (Lauginie, 2005) sur le fond Stabex. Les seules activités environnementales financées entrent dans le cadre des PIR (PIP : Programme ‘Initiative Pesticides’, PACE : Projet Africain de Contrôle des Epizooties), les fonds STABEX et lignes budgétaires pour certaines filières agricoles et le financement sur la ligne budgétaire environnement de la composante ivoirienne du projet « GRAND SINGES » (UNEP) dans le parc de la Taï. Par ailleurs, la CE finance le suivi régulier des ressources halieutiques, à un rythme plus ou moins normal, dans le cadre des accords de pêche entre l’UE et la CI.
La France, plus important bailleur de fonds bilatéral avant la crise, a suspendu depuis octobre 2002 tous décaissements à cause du non-paiement des intérêts antérieurs et des dettes sérieuses. Une reprise des activités est envisagée à partir de 2007, mais le secteur prioritaire sera la coopération culturelle dans le cadre de la francophonie. La relance du développement rural est probable, mais pas prioritaire pour l’instant.
L’Allemagne reste actuellement le seul partenaire bilatéral européen qui poursuit le financement des programmes environnementaux (et aussi les autres), notamment le Programme de Développement et de Stabilisation des Systèmes Agricoles et Forestier (PRODESAF regroupant 3 projets) et le Projet Autonome de Conservation du Parc National de Taï. Ce partenaire a choisi de continuer les programmes négociés en 2002, à travers des partenaires ivoiriens. Ceci a permis la continuation des activités et la prolongation du financement jusqu’à la fin de 2006 – mi 2007. Une future intervention dans le secteur semble probable, mais fera l’objet de la prochaine négociation de coopération bilatérale, nécessaire dans les mois à venir.
La Belgique, engagée avant la crise  dans les filières lait, pisciculture et horticulture, a cessé la coopération avec la CI. Toutefois, elle finance encore une étude sur la filière halieutique (programme régional en coopération avec DFID) et un programme d’urgence dans le secteur agricole pour l’assistance aux populations déplacées et retournées dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire dont la FAO est maître d’ouvrage. Un engagement futur n’est pas prévu et la CI n’apparaît plus comme prioritaire.