3.1.1 Le climat et la variabilité climatique

 
La Côte d'Ivoire se situe entre 4˚30' et 10˚30' de latitude Nord. Le tiers Sud du pays est soumis au climat subéquatorial (Attiéen ou Akiéen) avec une T° moyenne annuelle de 25° C à 33° C, des précipitations de 1400 à 2500 mm/an, un taux d'humidité de l'ordre de 80 à 90 % sur l'année et deux saisons de pluie interrompues par deux saisons sèches d'inégale durée. La partie centrale du pays présente un climat tropical humide (Baouléen) avec des températures comprises entre 14 et 33°C, un régime unimodal avec des précipitations de l'ordre de 1300 à 1750 mm/an et un taux d'humidité de 60 à 70 %. La partie Nord subit un climat tropical de type soudanien (26° C à 27°5 C), avec des précipitations de 1150 à 1350 mm/an et un taux d'humidité de 40 à 50 %. Enfin, les parties montagneuses de l'Ouest dépendent d'un  climat particulier, dit sub-montagnard (température moyenne annuelle de 25°C, précipitations de 1300 à 2300 mm/an) présentant une saison sèche et une saison des pluies (annexe 7.I - 4).

La déforestation brutale a conduit à une avancée de la savane du pays, avancée renforcée avec l'harmattan (vent sec du Nord). Ce dernier, qui ne soufflait que de manière exceptionnelle à Abidjan dans les années 70-75, s'installe maintenant pendant plusieurs semaines, de décembre à fin février. Une régression statistique concernant la pluviométrie a relevé que les précipitations annuelles auraient diminué en moyenne de 0,5 % par an entre 1965 et 1980 ; diminution qui se serait élevée à 4,6% dans les années 80 (MET, 1994).

3.1.2 Les sols et la géologie



Le socle précambrien touche 97,7% du territoire. Il est constitué en majorité de granites, de roches métamorphiques et de roches basiques et est presque toujours recouvert d'altérites ou d'alluvions dans les lits majeurs des cours d'eau. Le reste du territoire (2,3%) appartient  au bassin sédimentaire du littoral, alimenté par des matériaux détritiques essentiellement sablo - argileux. Le relief se caractérise par une grande planéité d'ensemble, mais les reliefs suivants s'individualisent: 

Les hautes terres et la dorsale guinéenne: Les hautes terres et massifs montagneux sont localisés dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Le point culminant est le mont Nimba à la frontière guinéenne avec 1750 m. Plus à l'Est à Biankouman, le massif de Man (avec les monts Dan et Toura) forme un ensemble compris entre 500 m et 1000 m, avec quelques sommets très vifs (Dent de Man 881m) et d'autres qui dépassent 1000 m avec le mont Momi (1309 m) et le mont Tonkoui (1189 m).
Les plateaux: La plus grande partie du pays est un ensemble de plateaux en gradins qui descendent en direction du Sud:

Les plaines: en dessous de 200 m d'altitude proviennent plutôt de l'altération des plateaux puisque la Côte d'Ivoire présente un ensemble flou de collines et de vallonnements. Plus au Sud, une plaine basse, souvent marécageuse, étroite à l'Ouest, s'élargit vers l'Est et développe tout un système de lagunes.

La formation des lagunes est l'un des éléments les plus caractéristiques de la topographie du pays, qui possède un littoral d'environ 550 km de long. La superficie totale des lagunes atteint environ 1200 km2 avec plus de 1500 km de rivages. D'Ouest en Est, on distingue  la lagune de Grand-Lahou (superficie de 190 km2), celle d'Ebrié, (566 km2 de superficie) et d'Aby (surface de 427 km2). Les trois principaux canaux joignant ces différentes lagunes sont : le canal d'Azagny, long de 17 km et reliant les lagunes de Grand-Lahou et Ebrié, le canal de Groguida, qui connecte deux branches de la lagune de Grand-Lahou avec une longueur de 1 km et le canal d'Assinie qui lie la lagune Ebrié à celle d'Aby avec une longueur de 48 km.

Les sols peuvent être regroupés en 4 entités selon les conditions climatiques, géomorphologiques et hydro morphologiques :

Sols ferrallitiques désaturés : Majoritairement représentés avec trois types essentiels :  

 
Sols ferrugineux tropicaux : Ces sols se caractérisent par un horizon humifère sableux, épais et gris, un horizon beige et enfin, un horizon d'accumulation, riche en argile. A l'intérieur du ''V Baoulé'', existe une zone de transition caractérisée par le phénomène de cuirassement ferrugineux qui peut prendre une importance considérable lorsque la couverture végétale naturelle disparaît. Il en résulte, le plus souvent, une induration généralisée des profils.

Sols sur roches basiques avec zone de cuirassement : Ces sols sont définis par des éléments grossiers constitués de fragments de roches plus ou moins altérées et ferruginisées et de petites concrétions noires. Ces sols occupent principalement les chaînes de collines du complexe volcano-sédimentaire, et sont fréquemment juxtaposés.
 
Sols hydromorphes : Ces sols sont liés à un excès d'eau par suite d'un engorgement temporaire de surface, de profondeur, ou par suite de la présence ou de la remontée d'une nappe phréatique. Ils sont donc localisés dans des zones à écoulement difficile (bas-fonds), dans les plaines d'inondation et dans les sables littoraux où la nappe phréatique peut varier. 

En général les sols connaissent une dégradation importante et continue causée par la surexploitation et l'extension de la zone agricole aux techniques inadaptées provoquant l'érosion des sols et souvent une pollution inquiétante liés à l'utilisation des  pesticides et autres produits chimiques.

3.1.3 Les eaux et les fleuve



3.1.3.1 L'eau de surface

Le réseau hydrographique de la Côte d'Ivoire comprend (Annexe 7.I -3) :

-Quatre grands bassins hydrographiques avec d'Ouest en Est ; i) le Cavally d'un débit de 600 m³/s étendu sur un bassin versant de 28.800 km² ; ii) le Sassandra avec un débit moyen de 575 m³/s occupant  un bassin de 75.000 km² ; iii) la Bandama avec un débit moyen de 400 m³/s couvrant un bassin de 97.000 km²  et iv) la Comoé avec un débit moyen de 300 m³/s se développant sur un bassin versant de 78.000 km². 
-De petits cours d'eau côtiers au Sud du pays,  dont les plus significatifs sont le Tabou, le Néro, le San-Pédro, le Niouniourou, le Boubo (5.100 km²), l'Agnéby (8.900 km²), la Mé (4.300 km²), la Bia, le Tanoé et le.Néro. 
-Les affluents du Niger à l'extrême Nord-Ouest s'étendant sur un bassin versant de 24.000 km², avec d'Ouest en Est, le Gbanhala, le Baoulé, le Dégou, le Kankélaba et la Bagoué.  -Les affluents de la Volta Noire au Nord-Est, avec le Koulda, le Kolodio, le GbanlouBineda et le Kohodio.

Les régimes hydrologiques s'apparentent étroitement aux précipitations dans les bassins versants, ce qui conduit à la distinction d'un régime équatorial (fleuves côtiers avec 2 crues annuelles) et d'un régime tropical de transition caractérisé par une crue annuelle, généralement entre les mois d'août et de novembre. Plus on avance vers le Nord du pays, plus la période des basses eaux se prolonge, pouvant atteindre 4 à 5 mois.  L'analyse des débits pour les périodes 1950-1970 et 1971-1990 a montré une baisse générale des apports, baisse accompagnant celle de la pluviométrie et s'élevant pour certains cours d'eau (Bagoué, Baoulé) à près de 80% en 1983-1984. Deux périodes sont distinguées avec une baisse des débits d'eau à partir de la période 1962-1969 (débits de 50 à 25 m3/s sur la Bagoué et de 50 à 30 m3/s sur le Baoulé) et une augmentation des débits à partir de 1990). 

Il n'existe pas de lacs et d'étangs naturels. Les plans d'eau existants, présentant de grandes surfaces de stockage des eaux à l'intérieur des terres, sont artificiels liés aux barrages. Au total, les ressources mobilisables des eaux de surface s'élèvent à 39 milliards de m³.

Certains cours d'eau et réservoirs présentent des signes d'eutrophisation caractérisés par la présence de végétaux aquatiques envahissants (VAE). L'envahissement par la jacinthe d'eau a évolué des zones côtières vers les eaux continentales (Bandama, Comoé, Sassandra). La salade d'eau (Pistia stratiotes) occupe l'ensemble des eaux de surface du territoire. Par ailleurs, des pollutions des eaux et des sédiments ont été ponctuellement constatés liés à l'utilisation des fertilisants et des pesticides près des grandes plantations (coton, palmier à huile, café, cacao, banane, etc). Le laboratoire LABECO a enregistré que tous les sédiments à Buyo, N'Zo et Guessabo contiennent des résidus de Lindane, Heptachlore, Aldrine et Dieldrine. Dans les mêmes zones, tous les poissons prélevés (45) contiennent des résidus de plusieurs organochlorés et des pesticides ont été observés dans le lait maternel.

Enfin, les eaux des baies lagunaires d'Abidjan enregistrent des niveaux de pollution élevé, notamment au niveau des bassins versants (i) d'Akouédo avec les lixiviats non traités provenant de la décharge, (ii) de Cocody Est qui reçoit les effluents domestiques et les déchets d'hôpitaux non traités, (iii) du Banco par les rejets des innombrables laveurs ou « Fanico », les effluents liquides et solides des communes (Adjamé, Plateau, Attécoubé et Yopougon) et des ateliers de carénage du port d'Abidjan, (iv) de Biétry avec la zone industrielle. Ainsi, par exemple, la pollution organique totale est passée de 7670 kg DBO/j en 1980 à 45205 kg DBO/j en 1995 au Sud du Banco (HYDRO-R&D, 2004). Les baies connaissent une augmentation des concentrations en nitrates et phosphates (pollution organique), ce qui entraîne une multiplication de micro-algues, de VAE (qui disparaît, quand la salinité de l'eau dépasse 15 mg/l) et de mortalités d'invertébrés et de poissons (eutrophisation). A côté de cette pollution organique, existe une pollution chimique ; les micro-polluants organiques et minéraux d'origines industrielles (huiles minérales, pigments d'industries textile, métaux lourds d'ateliers, arsenic du tannage) et agricoles (pesticides) mesurés dans les sédiments de la lagune Ebrié indiquent des concentrations d'hydrocarbures totaux de 1.000 µg/g et pour le DDT de 1 µg/g. Toutefois, l'accumulation des micropolluants dans les poissons reste en deçà des normes OMS. Enfin, ces eaux connaissent, par période, une pollution microbienne (plus de 100.000 coliformes totaux par 100 ml), ce qui interdit toute baignade d'après les normes OMS.

3.1.3.2 L'eau souterraine

La Côte d'Ivoire présente trois types d'aquifères : 

 
Au total, le potentiel des eaux souterraines atteint 87,9 milliards de m³ et les ressources mobilisables s'élèvent à 37,7 milliards de m³ (MEF, 2003). Dans la région d'Abidjan, on relève, de plus en plus, la présence de nitrates dans les eaux de forages. De même, la présence de la mer et l'urbanisation anarchique exposent la nappe d'Abidjan à l'intrusion saline et à la pollution. Ailleurs, des pollutions liées aux effluents des déchets ménagers et industriels et aux pesticides ont été enregistrées localement.

3.1.4 Les écosystèmes



Résultant de la latitude et des zones climatiques le pays présente trois grandes zones écologiques terrestres, une zone côtière et une zone marine qui regroupent les différents écosystèmes (Annexe 7. I - 4) :

La zone guinéenne (50% du pays), située au Sud correspond à la région forestière. Elle est caractérisée par un climat subéquatorial à quatre saisons. La pluviométrie annuelle y dépasse les 1500 mm. La "forêt vierge" couvrait la zone, mais elle a été largement exploitée pour le bois (acajou, sipo, l'iroko). Aujourd'hui, la forêt tropicale couvre une bande en basse – côte particulièrement dans le Sud – Ouest (de Tabou sur la côte jusqu'au Parc National de Taï) et une bande littorale, allant de Grand Lahou au Ghana. La zone est très défrichée par les paysans. Le café et le cacao dominent l'économie de la région (2/3 des surfaces cultivées) ainsi que le palmier à huile, l'hévéa et le cocotier. Les cultures annuelles couvrent 25% des surfaces cultivées (maïs, riz, manioc, plantain, etc. en intercalaire avec le cacao généralement).  

La zone soudano guinéenne (19%) est une zone de transition entre la zone forestière et le Nord. Elle est marquée par quatre saisons: une grande saison sèche (novembre à février), une grande saison des pluies (mars à juin), une petite saison sèche (juillet à août) et une petite saison des pluies (septembre à octobre). Les précipitations varient entre 1200 et 1500 mm.

La zone soudanienne (31%), située dans la partie septentrionale, est une région de savane au climat tropical de type soudano guinéen avec une seule saison des pluies. Les précipitations varient entre 900 et 1200 mm. Tout au Nord la savane se couvre d'herbages et d'arbustes, puis de bosquets d'arbres en descendant vers le Sud, tandis que sur les berges des fleuves se développent des forêts – galeries. Les terres sont très défrichées. Les cultures pluviales dominent (maïs, riz, arachide) et sont souvent associées. Environ 40% des exploitations de la région produisent du coton. Les cultures pérennes (manguiers, karités) et l'élevage sont aussi d'importantes sources de revenus.

Il est important de mentionner qu'au début du 20ème siècle jusqu'à nos jours, la végétation de la Côte d'Ivoire s'est beaucoup transformée sous l'influence de l'action de l'homme, qui en a fait un usage abusif et désordonné, allant largement au-delà du simple besoin de l'exploitation vitale. Il faut noter surtout les exploitations agro-industrielle et forestière qui ont transformé la plupart des couvertures végétales naturelles du pays. Par ailleurs, le pays dispose de deux grands écosystèmes maritimes :

Zones humides côtières : Elles s'étendent sur l'ensemble du littoral (550 km) et regroupent les forêts marécageuses, les lagunes et les estuaires avec leur végétation associée (mangroves et prairies marécageuses). Les apports en eaux douces sont assurés par les fleuves et les cours d'eaux méridionaux (Tanoé, Bia, Mé, Agnéby, Niouniourou). On distingue deux types morphologiques de littoraux avec i) une partie allant de la frontière du Ghana jusqu'à Fresco, sur 300 km environ, où l'on peut observer une série de lagunes de grande superficie (230 à 550 km²) qui longent la côte et sont séparées de la mer par une plage lessivée et ii) une partie à l'Ouest de Fresco, où le relief est plus accidenté, avec des lagunes peu étendues et communiquant temporairement avec la mer en raison des fortes sédimentations de la zone estuarienne. La plupart des mangroves sont dégradées suite à l'utilisation de leur bois pour le fumage du poisson et les besoins domestiques.
 
Eaux marines: Le plateau continental ivoirien est extrêmement étroit puisque sa largeur varie entre 9 à 18 miles avec une moyenne de 13 miles, et son "pendant" se situe entre 120 et 130 mètres. La pente est dans l'ensemble régulière et comprise entre 0,5 et 0,9%. Des affleurements rocheux (grès) marquent le rebord du plateau où s'installent des massifs de coraux profonds.

Les écosystèmes marins sont aujourd'hui fortement touchés par la pollution liée à l'absence  d'un système de traitement adéquat de déchets polluants venant des activités domestiques, industrielles, agricoles, minières et maritimes.

3.1.5 La biodiversité



La biodiversité de la Côte d'Ivoire se caractérise par une richesse et une diversité biologique importantes. Toutefois, la croissance de la population au taux de 3,5% par an, l'expansion de l'agriculture, la déforestation, l'agriculture sur brûlis, le braconnage et l'abattage des arbres pour le charbon de bois ont entraîné l'érosion des sols, la destruction des habitats naturels et la raréfaction de la faune. L'utilisation de produits toxiques pour la pêche continentale a, comme conséquence, la destruction des milieux halieutiques. Cette situation a contribué à la diminution drastique de nombreuses espèces à tel point que certaines d'entre elles sont menacées de disparition.

3.1.5.1 La flore

La flore présente 4700 espèces végétales, dont 327 espèces aquatiques. Il existe 89 espèces endémiques et 59 espèces menacées (UICN, 1990). Certaines plantes, peu répandues, sont en voie d'extinction parce qu'elles sont surexploitées ou parce que leurs sites sont perturbés telles Alafia scandens, Anthostema senegalense, Chlorophora excelsa et Dioscorea lecardii. D'autres espèces rares ne sont représentées dans le pays que par quelques individus sur des sites épars telles Amorphophallus  dracontioides,  Cissus  touraensis,  Hannoa undulata, Protea elliotii var. elliotii etc. De 1960 à ce jour, 26 espèces de plantes vasculaires ont disparu ou ne se rencontrent qu'exceptionnellement et 170 espèces sont en voie d'extinction. 

3.1.5.2 La faune et les zones protégées

Concernant la faune, la Côte d'Ivoire présente la situation suivante :

 
Les sites riches en biodiversité ont obtenu les différents statuts de protection. Les premières  réserves de faune (Bouna et Haute –Sassandra) et parcs nationaux (Comoé et Taï) ont été créés en 1926, les autres entre 1968 et 1981. Le domaine de conservation (parcs nationaux et réserves) occupe environ 2.000.000 ha, soit 6% du territoire national. Le domaine forestier permanent actuel de l'Etat comprend 8 parcs nationaux, 3 réserves naturelles intégrales, 2 réserves de faune, 2 réserves de faune et de flore, 17 réserves botaniques, 4 jardins botaniques, 1 parc zoologique et 1 centre national de floristique. (Annexe 7. III - 3)

L'état des aires protégées est depuis des années "décourageant". La dégradation accélérée des ressources forestières a pour corollaire la faiblesse ou l'absence de protection de la biodiversité. Ces zones subissent des infiltrations de paysans pour le développement des cultures de café-cacao essentiellement, de braconniers qui mettent en péril les équilibres fragiles du patrimoine faunique et des producteurs traditionnels de charbon de bois qui menacent dangereusement les ressources ligneuses.  Le seul parc de la Marahoué abrite plus de "49.000  cultivateurs clandestins" (Euronet, 2005).

Depuis les évènements de fin 2002, la situation apparaît alarmante : l'administration ayant quitté les zones occupées, la quasi totalité du personnel chargé de la gestion et de la surveillance des forêts, parcs et réserves s'y trouvant, a abandonné son poste de travail. Cette situation a favorisé le défrichement agricole, une intense exploitation forestière et l'intensification du braconnage dans les aires protégées. Ainsi, 113 forêts classées, 3 parcs nationaux dont le Parc National de la Comoé et deux réserves se trouvent en zone occupée sans surveillance depuis 4 ans.


La Bandama, seul fleuve entièrement ivoirien