L'environnement est un élément central pour favoriser l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). L'environnement est non seulement relié à l'objectif 7 (Assurer un environnement durable) mais aussi à l'ensemble des OMD, bien que ce soit de façon plus implicite et indirecte. 

3.2.1 Pressions générées par les différents types de valorisation des ressources naturelles

 

3.2.1.1 La  production agricole et pastorale



Le pays compte 11 millions d'hectares de parcours (34% du pays), 6,5 millions d'ha de terrains agricoles en 2001 (21% d'après FAO, 2004), 350.000 ha de plans d'eau intérieurs, 150.000 ha de lagunes. 
L' agriculture reste le moteur de l'économie ivoirienne répartie (FAO, 2004) entre les cultures de rente (61,7%), céréalières,  vivrières (33,4%), fruitières (2,8%), maraîchères (1,7%) et industrielles (0,4%). En 40 ans, la superficie agricole a presque quadruplée. Au recensement de 1998, il existait 1.128.898 ménages avec des agriculteurs. Certaines filières de production (palmier à huile, hévéa, canne à sucre) ont été lancées sous forme de complexes agro-industriels associés à des plantations villageoises,  réalisées par des sociétés de développement publiques qui ont été privatisées à la fin des années 1990. La coexistence d'agro-industries, d'exploitations modernes et d'exploitations traditionnelles est assez typique de la Côte d'Ivoire et constituent probablement l'une des raisons de son succès. Son développement a propulsé le pays parmi les plus grands Etats exportateurs de matières premières agricoles tropicales. La Côte d'Ivoire est le premier pays producteur mondial de cacao avec 1,9 millions d'hectares de plantations cacaoyères exploitées par environ 700.000 producteurs, le premier pays africain producteur de café avec 1 million d'hectares de plantations caféières gérées par 300.000 planteurs, le troisième pays africain producteur de coton avec près de 300.000 hectares (FAO, 2004). En 2003, l'agriculture, par le biais des productions de cacao, café, coton, huile de palme, bananes, ananas, agrumes, coprah etc. a contribué pour 28% au PIB, a représenté 60% des recettes d'exportation et occupé 45% de la population active (FAO, 2005). Néanmoins, l'agriculture d'exportation reste tributaire des fluctuations des cours internationaux et certaines cultures, telles la canne à sucre, le café ont baissé tandis que celles du coton, des bananes douces, des légumes et du riz ont augmenté annuellement de 3% et celle de l'anacarde de plus de 4% (FAO, 2004).
La production vivrière (igname, manioc, plantain, maïs, riz) s'est accrue en moyenne de 2,4% par an depuis 1990, ce qui a permis d'assurer en grande partie l'autosuffisance alimentaire du pays, à l'exception du riz  (importation de 450.000 tonnes). La production vivrière reste tributaire de 5 grandes cultures : igname (3.000.000 tonnes/an), manioc (1.700.000 t/an), banane plantain (1.400.000 t/an), maïs (plus de 500.000 t/an), riz (500.000 t/an). Les cultures maraîchères (gombo, aubergine, piment, oignon, laitue, tomate, chou, carotte) sont produites dans des périmètres plus ou moins bien aménagés situés le plus souvent dans la périphérie des centres urbains ou le long des axes routiers. Toutefois, entre 1982 et 1995, le taux de croissance de la production agricole (1,37%) a été largement inférieur au taux de croissance démographique (3,7%)
Entre les sociétés agro-industrielles intervenant sur de grandes plantations mécanisées avec des méthodes culturales intensives et les petits exploitants individuels, les impacts sur l'environnement sont fortement différents. Les uns pratiquent une culture vivrière manuelle, extensive et itinérante aux rendements faibles, ou optent pour des plantations (café, cacao, ananas, banane) avec peu d'engrais et des rendements par hectare de moitié inférieurs a ceux de type industriel. Les autres liés aux cultures d'ananas, de bananes, de coton, voire d'hévéa utilisent des intrants (insecticides, herbicides, nématicides, fongicides…) détruisant la faune du sol, polluant les nappes phréatiques…

Tableau 1 : Productions selon la taille de l'exploitation (tonnes/ha)

Producteurs 

Ananas

Banane

Palmier à huile

Petites exploitations 

25-30

5-8

5

Exploitations industrielles 

50

21

10


Avec la crise, d'après le MINAGRI, la consommation des engrais s'est abaissée de près de 38% entre la campagne agricole 2001-2002 et la campagne 2002-2003 ce qui a eu des répercussions sur les productions où les paysans utilisent majoritairement  les engrais.  
Au début des années 2000, toujours d'après le MINAGRI, tous produits confondus, le marché des produits phytosanitaires ivoiriens représentait un volume de plus de 4.500 tonnes dont 93% étaient destinés aux cultures de rente tels le coton (50% de la quantité) et le cacao (10% du volume). En l'absence d'information, on peut supposer que la consommation de pesticides a suivi celle des engrais. Actuellement, la  zone  maraîchère  est  contaminée  très  faiblement. A l'inverse, les  zones à proximité des cultures d'ananas, de bananes, de coton et de cacao présentent sans exception des traces de plusieurs pesticides. Le sol des exploitations de cacao est contaminé surtout avec le lindane. Dans la zone bananière, on trouve plutôt des traces des anciens organochlorés (Aldrine, Dieldrine, Endrine) dans les couches inférieures à une plus haute concentration par rapport aux couches supérieures (MINEEF, 2006).
Sur le plan environnemental, les plantations de café et de cacao, dont la superficie a quintuplé en moins de 50 ans, ont consommé la forêt ivoirienne dont la superficie a fortement diminué. La transformation de la végétation naturelle a détruit les habitats de la faune sauvage, cause majeure de la raréfaction, voire de menace d'extinction, de certaines espèces. Cette réduction continue du patrimoine forestier fait peser de lourdes menaces sur le développement durable du pays, en raison, notamment, des nombreuses et importantes fonctions de base qu'assure la forêt pour le développement (BNETD, 2005).
Enfin, la pression foncière entraîne un raccourcissement des jachères (environ 5 ans aujourd'hui contre plus de 20 au début des années 60) et favorise l'appauvrissement et l'érosion des sols avec des pertes de l'ordre de 10 à 30 t/ha/an en zone de savane et de 500 t/ha/an en zone forestière (MET, 1995). 
Le développement de l'élevage est un phénomène récent puisque la Côte d'Ivoire en 1965 présentait seulement 305.000 bovins, 1.300.000 ovins-caprins, 100.000 porcins et 6 millions de volailles. Fin 2004, la population animale totale était évaluée à 3,8 millions de têtes réparties entre 1,35 millions de bovins, 1,17 million d'ovins, 0,95 million de caprins, 0,3 million de porcins et 17,1 millions de volailles (INS, 2006). Le secteur des ressources animales contribue au PIB à hauteur d'environ 220 milliards FCFA. Il joue un rôle important dans l'économie nationale en termes d'équilibre inter-régional, de statut alimentaire des populations rurales, de gestion de l'espace et de l'emploi. Une Charte pastorale a été élaborée. Toutes espèces animales confondues, l'élevage se concentre dans les régions des Savanes (39%), des Lagunes (22%), de la vallée du Bandama (10%) et du Zanzan (8%). Excepté pour les caprins, les autres espèces animales (bovins, ovins, porcins), ainsi que la production de lait et d'œufs, ont enregistré des baisses, parfois importantes, en 2003 et 2004, attribuables à la situation de guerre (INS, 2006).
Ainsi, l'impact de l'élevage sur l'environnement est surtout enregistré dans le Nord du pays. Au niveau de l'élevage extensif traditionnel, souvent transhumant, cet impact se situe, dès qu'il y a concentration du cheptel, au niveau des sols (dénudation et compactage des sols pour évoluer vers une latérisation souvent irréversible) et de la végétation (diminution de la strate herbacée et développement de l'embroussaillement). La dégradation des ressources végétales est également fortement amplifiée par les feux de brousse qui touchent près de 30% du territoire. A l'inverse, les systèmes intensifs  périurbains (espèces à cycle court telles les porcs et la volaille) génèrent des quantités importantes de déjections qui, abandonnées dans la nature et dans les cours d'eau, sont des sources permanentes de pollution. Toutefois, l'impact environnemental négatif de l'élevage reste bien en deçà de celui de l'agriculture.

3.2.1.2 L'exploitation et la gestion des ressources forestières ligneuses et non ligneuses



En 1900, la Côte d'Ivoire disposait d'un couvert forestier de 16 millions d'hectares. Toutefois, la croissance économique enregistrée par ce pays jusque dans les années 80 s'est faite au détriment de ses ressources forestières. En effet, l'exploitation forestière a été pendant les années 60-70 un maillon essentiel de l'économie nationale et a permis l'essor d'autres secteurs d'activités (industrie du bois, production de charbon, menuiserie, etc). L'immensité apparente des superficies forestières disponibles a encouragé l'exploitation irrationnelle de cette ressource renouvelable surtout au dessous du 8ème parallèle (Annexe 7.I -7); le couvert a régressé au rythme moyen de 300 000 ha par an dans les années 70. Le bois se classait en 1972 au second rang en valeur d'exportation, après le café. Parallèlement à la disparition du couvert forestier, la production de bois d'œuvre, après avoir culminé à plus de 5 millions de m³ dans les années 70, a fortement baissé pour se situer, depuis le début du nouveau millénaire, aux environs de 1,8 millions de m³. La déforestation a certes ralenti depuis une dizaine d'années mais reste toujours largement supérieure aux possibilités de régénération de la forêt naturelle. Aujourd'hui, la zone forestière est quasiment réduite à quelques lambeaux de forêts secondaires, isolés au sein d'une succession de plantations (villageoises ou industrielles) et de jachères. La couverture forestière s'élève à 6,38 millions d'hectares composés de 4,2 millions d'hectares de forêts classées (plantations forestières industriels et réserves biologiques de la flore sur environ 13% du territoire national, domaine forestier privé de l'Etat) fortement dégradées et 2 millions d'hectares d'aires protégées, soit 6% du territoire national (parc nationaux et réserves de la faune ou intégrales, domaine forestier public de l'Etat) plus quelques reliques de forêts dans le domaine rural (BNETD, 2005).  
Les 229 forêts classées font partie du domaine permanent de l'Etat et leur gestion est confiée à la Société de Développement des Forêts (SODEFOR), créée en 1966. La foresterie contribue au PIB à hauteur d'environ 200 milliards de FCFA/an (MINAGRA 1999). En termes d'emplois, le secteur forestier occupe environ 30.000 personnes. La filière bois représente un secteur important de l'économie ivoirienne, malgré les difficultés d'approvisionnement en matière première qu'elle connaît. Les produits forestiers (grumes et débités) se classent au 3ème rang parmi les principaux produits d'exportation.
La réduction accentuée du couvert  forestier a obligé le pays à se doter d'un Plan Directeur Forestier (1988-2015). Ce plan définit les actions pour une exploitation rationnelle et durable des forêts. Il a procédé à une réforme de l'exploitation forestière en 1994 en instituant l'obligation de reboisement dans le cahier des charges des exploitants industriels dans le domaine rural (Périmètres d'Exploitation Forestière - PEF). Ainsi, plus de 56.000 hectares (44.600 ha PEF et  11.700 ha forêts classées) ont été reboisés par les exploitants forestiers attributaires au cours de la période 1996-2002 (BNETD, 2005). De plus, la reconstitution du couvert naturel dans les forêts classées est obligatoire dans le cadre de gestion des forêts classées (domaine forestier permanent de l'Etat) et la SODEFOR a réalisé, depuis sa création en 1966, environ 120.000 hectares de plantations de type industriel et 80.000 hectares de plantation de reconversion (FAO, 2000).
L'exploitation forestière industrielle, effectuée selon le respect des règles aujourd'hui en vigueur, ne constitue pas une menace majeure pour l'environnement forestier. Sur ce point, le prélèvement moyen de biomasse opéré par l'exploitation forestière au cours de ces dernières décennies est estimé à 1m3/ha/an ; ce qui est proche des capacités d'autorégénération de la forêt guinéenne qui atteint 0,5 à 1 m3/ha/an. Cependant, la pratique révèle des cas de surexploitation des essences et d'abattages d'essences de diamètres inférieurs aux normes prescrites, de non - respect des cahiers de charge et des irrégularités au niveau de la gestion des forêts classées ; pratiques qui constituent des entraves à la régénération naturelle et à la biodiversité.
La dégradation de l'environnement forestier et de sa biodiversité trouve son origine dans l'exploitation abusive et anarchique des ressources foncières et forestières. Dans un premier temps, l'exploitation forestière ouvre l'accès aux forêts primaires, précédemment inaccessibles, à des populations en quête de terres fertiles pour de petites exploitations agricoles familiales. L'agriculture constitue la cause principale de la déforestation car les agriculteurs ont recourt à un système cultural inadapté caractérisé par une utilisation marginale d'intrants et une généralisation à l'agriculture sur brûlis ; ce qui entraîne une destruction rapide de la biomasse. Les feux de brousse, liés aux activités agricole, pastorale et cynégétique, lorsqu'ils sont tardifs et non maîtrisés, constituent un désastre pour les populations et les forêts. L'infiltration paysanne en forêts classées (présente bien avant la crise) est en hausse et atteint plus de 80.000 personnes (période 1996-1999 selon SODEFOR) cultivant une superficie de 630.119 hectares, équivalente à 15 % de la surface des forêts classées.
Le bois couvre une partie des besoins en énergie des ménages. L'utilisation domestique du couvert végétal (bois de chauffe, charbon, plantes médicinales etc…) et surtout l'extraction de combustibles ligneux augmentent avec l'accroissement de la population et constituent une cause majeure de déboisement aux voisinages des centres urbains.  
Les plantes sauvages représentent une proportion non négligeable du régime alimentaire local, mais leur importance reste mal connue à l'échelle nationale. L'intérêt accru pour les plantes médicinales a commencé à susciter le développement d'activités locales de valorisation de ces ressources. Leur exploitation incontrôlée risque d'entraîner un épuisement rapide si des mesures appropriées ne sont pas prises pour leur gestion rationnelle et durable.
En outre, l'exploitation minière du sol crée, dans certaines régions, une multitude de carrières préjudiciables à la régénération du couvert forestier.
La guerre, avec l'absence de contrôles, a favorisé l'exploitation frauduleuse des ressources forestières. Selon des informations concordantes (dont une enquête de la SODEFOR), des filières d'achat du teck seraient basées dans les pays limitrophes. D'autres filières, bien implantées en zone gouvernementale, se livrent également à un pillage systématique des forêts en zone occupée, et ce, avec la complicité de quelques chefs de guerre et de certains agents des forces loyalistes. Devant la recrudescence des saisies de grumes/billes en provenance des zones occupées, le gouvernement a décidé l'interdiction du transport de billes dans des conteneurs et autres enceintes fermées par arrêté ministériel N°. 529 du 28 Octobre 2003.
Ainsi, 113 forêts classées, couvrant plus de 2 millions d'hectares, et 3 parcs, dont deux tiers du Parc National de la Comoé, se trouvent en zone occupée, sans surveillance. La SODEFOR et la DPN/MINEEF ont fait un bilan estimatif des pertes subies qui se chiffrent à 1,5 milliards de FCFA de pertes en matériel et 8,3 milliards FCFA en recettes de bois des reboisements et de bois d'œuvre (2002 et 2003). 
Enfin, l'appauvrissement de la population et la rupture de l'approvisionnement en bouteilles de gaz dans les zones affectées ont provoqué une forte augmentation de la consommation de bois de feu et de charbon. Actuellement, il n'existe pas encore des données chiffrées.

3.2.1.3 La gestion des ressources en eau 



Les ressources renouvelables totales (eaux de surface et souterraine) s'élèvent à 77 milliards de m³ par an et les prélèvements à environ 38,4 milliards de m³ en 1998. A côté de celle utilisée pour hydroélectricité (36,8 milliards de m³), 700 millions de m³ sont destinés à l'agriculture, 250 millions de m³ à l'élevage, 314 millions de m³ à l'hydraulique humaine et 15 millions de m³ à l'industrie (MEF, 2003). 
Les prélèvements pour l'agriculture et les sous secteurs qui lui sont liés (élevage et pêche) sont principalement assurés par les eaux de surface canalisées dans 572 retenues d'eau (MEF, 2003). Près de 500 retenues sont situées dans la région Nord pour une utilisation pastorale. A l'inverse, les barrages de la région Centre ont une destination agricole, essentiellement pour la riziculture irriguée. Dans la région Sud, les ouvrages sont destinés à l'irrigation des cultures fruitières et à l'horticulture. Le système irrigué occupe une place secondaire dans l'agriculture ivoirienne, malgré l'existence de potentialités importantes constituées par les bas fonds et les plaines irrigables. On estime à 75.000 ha la superficie totale irriguée (sur une superficie potentiellement irrigable de  180.000 ha) répartie entre i) les plantations industrielles de canne à sucre (15.000 ha); ii) la  riziculture (12.000 ha) ; (iii) les plantations industrielles de bananes et d'ananas (48.000 ha) et les autres cultures (700 ha).
La capacité de stockage des barrage avoisine 37,2 milliards de m3  avec 36, 8 milliards de m3 pour l'hydro-électricité et 0,4 milliards de m3 pour les autres. Il existe 6 barrages hydroélectriques (Buyo sur le Sassandra,  Kossou et Taabo sur le Bandama, Ayamé I et II sur la Bia et Grah sur le San Pédro). 
Au niveau des risques environnementaux, biologiques et humains, les barrages réservoirs entraînent une dégradation de l'environnement à moyen - long terme. D'une part, le barrage réservoir, en réduisant la vitesse d'écoulement de l'eau pénétrant dans le lac de retenue, favorise le dépôt de particules au fond du lac (sédimentation du réservoir qui peut entraîner une perte de charge au niveau des turbines). A l'aval des barrages, l'érosion fluviatile augmente (surcreusement du lit, affouillement des berges et des ouvrages situés à l'aval). D'autre part, le barrage réservoir favorise le développement de végétaux aquatiques (qui entraîne un appauvrissement en poissons et parfois des pertes de charge au niveau des turbines), de pathologies liées à l'eau (ulcère de buruli, amibiase, bilharziose, onchocercose…qui affaiblissent l'homme et diminuent sa capacité de travail). Enfin, l'usine hydro-électrique, disposant rarement d'une déchetterie, rejette des déchets solides (vieux transformateurs, câbles, batteries usagées…) et liquides (huile usagée, solvants…). 
En 1973, le gouvernement a lancé le programme national d'hydraulique humaine pour permettre l'accès à l'eau potable à toutes les couches de la population avec un point d'eau pour 1.000 habitants et un point d'eau supplémentaire par tranche de 600 habitants. Outre l'eau potable, les zones urbaines devaient disposer d'une station de traitement, d'un dispositif de stockage et d'un réseau de distribution. 
L'approvisionnement en eau potable s'articule autour de 3 secteurs avec :

 
En milieu rural, deux systèmes d'approvisionnement. 

Tableau 2 : Bilan énergétique de la Côte d'Ivoire (tonnes équivalent pétrole)

Année

Biomasse

Autres

Consommation
totale

1996

Bois de feu

Charbon          de
Bois

Résidus Végétaux

2023220

512900

67520

1784130

4387770

46,11%

11,69%

1,54%

40,66%

100%

Total Biomasse

59,34%

 

 

1998

Bois de feu

Charbon de
Bois

Résidus Végétaux

autres

Consommation
totale

2270510

618970

122157

2661057

5672694

40,00%

10,91%

2,15%

46,94%

100%

Total Biomasse

53,06%

 

 

2000

Bois de feu

Charbon de
Bois

Résidus Végétaux

autres

Consommation
totale

2460834

748399

151160

3653265

7013556

35,08%

10,67%

2,15%

52,10%

100%

Total Biomasse

47,90%

 

 

Source : MEE – Bureau des Economies d'Energie 1990 dans FAO, 2000
Dans ce cadre, si l'on compare les données du recensement de 1998 (multiplication par 3,3 de la population globale) et celles relatives aux prévisions de consommation d'énergie en 2020, il ressort que la consommation de biomasse énergie devrait être multipliée également par 3,3 alors que le niveau de production de celle du domaine forestier rural hors forêts classées estimé en 1986 équivaudrait à 65 % de la consommation en 2020 ; au niveau des forêts classées, la production est évaluée à 6 millions de tonnes, ce qui représente 20 % de la consommation en 2020. La production de biomasse (domaine rural et forêts classées) peut satisfaire la demande uniquement à hauteur de 85%, l'équilibre entre l'offre et la demande de biomasse énergie ne peut être atteint
Le programme de subvention des bouteilles de gaz et des foyers améliorés n'a pas encore d'impact significatif sur le mode de consommation du secteur résidentiel. De plus, la distribution de bouteilles de gaz domestique ayant été interrompue vers les villes occupées, il est fort probable que la population se soit rabattue vers l'utilisation massive du bois de chauffe. Un commerce lucratif se serait même développé pour l'exportation du charbon de bois vers les pays limitrophes voisins.
Actuellement, les plus importants consommateurs de produits pétroliers sont les véhicules automobiles (43,5%), la CIE (32%) et les industries (24,4%). Les combustibles fossiles (hydrocarbures) ont un impact important sur l'environnement par leurs émissions de gaz à effet de serre, surtout de CO2 (97%), mais avec 4752 MTE-CO2 (source : communication nationale initiale Changements Climatiques, 2000). la contribution du pays à l'accroissement mondial des gaz à effet de serre reste faible.
Sur le plan de l'impact environnemental, la construction de barrages hydro-électriques a eu lieu avant l'obligation des études d'impact environnemental. Toutefois, les barrages présentent toujours les mêmes problèmes, à savoir : l'espace mobilisé, les modifications des régimes hydrologiques par évaporation et infiltration et la sédimentation dans la retenue. Cette dernière appauvrit la charge des fleuves et réduit donc les apports sédimentaires à la côte qui est une des causes de l'érosion côtière. Par ailleurs, l'installation de plateformes offshore oblige des EIE depuis 1996 qui prennent en considération l'impact sur la faune du plateau continental. En effet, celles-ci présentent un haut risque environnemental de pollution marine due aux déversements d'hydrocarbures en cas d'accident comme l'a montré l'accident en 2006 de Jacqueville.

3.2.1.6 La gestion de la faune (capture, chasse et pêche)



Le braconnage intensif qui, malgré la fermeture de la chasse depuis 1974, se déroule non seulement dans le domaine rural et les forêts classées, mais aussi et surtout dans les parcs nationaux et les réserves naturelles. La viande de brousse moins chère est préférée à la viande bovine. Les prélèvements sont évalués (Banque mondiale) à 120.000 tonnes l'an (1996), équivalent à 35,5 millions de mammifères sauvages. 56% des animaux sont abattus en zone de savane, 25% sont des petits mammifères notamment écureuils et aulacodes (Selon Caspary et Al. /FAO, 2000)), la viande de brousse a rapporté,  en 1989 35 milliards de FCFA soit 1,7% du PIB et le braconnage commercial représente un véritable secteur économique. Du fait de l'interdiction de la chasse, le secteur évolue vers un système informel pour lequel les données statistiques sont quasi-inexistantes.
En dehors de la viande de brousse, la faune sauvage était menacée dans les années 19701980 par les battues administratives des grands mammifères intégralement ou partiellement protégés dans le cadre de la protection des biens et des personnes. Une étude de MATA en 1970 (MET, 1994) estimait à 90 le nombre d'éléphants tués par les battues légales.
L'absence des contrôles depuis 2002, surtout dans les zones protégées, a favorisé le braconnage. Les chiffres ne sont pas encore disponibles au niveau national, mais les études ponctuelles dans certains parcs nationaux et réserves ont constaté une augmentation significative de la chasse à piégeage.
L'activité de la pêche en Côte d'Ivoire couvre un domaine naturellement vaste comprenant :
i) une zone économique exclusive de 200 miles ; ii) 550 km de littoral ; iii) 1200 km² de plans d'eau lagunaire ; iv) 1760 km² de retenues d'eau hydroélectrique et hydro-agricoles ; v) 3000 km de réseau hydrographique (fleuves et rivières). Bien que le secteur de la pêche au sens large, y compris la transformation et la distribution, joue un rôle important dans l'économie nationale, les ressources maritimes de la Côte d'Ivoire sont limitées en raison essentiellement de l'étroitesse du plateau continental (550 km de long et 27km de large) et de la faiblesse des phénomènes d'upwelling. 
La Côte d'Ivoire est le premier pays exportateur de thon. Les activités de pêche industrielle (thon, sardinelles, fritures, maquereaux, anchois, chinchards) sont menées par des navires étrangers. Le thon des eaux ivoiriennes est exploité par les bateaux de l'Union Européenne et autres navires étrangers dans le cadre des accords de pêche. Les exportations concernent principalement les conserves de thon (45.139 tonnes en 2004 pour une valeur d'environ 58 milliards de FCFA). Depuis 2002, l'exportation des produits halieutiques a beaucoup diminué : de 55.698 tonnes pour une valeur de 97,55 milliards de FCFA en 2002 à 45.674 tonnes pour une valeur de 59,28 milliards de FCFA en 2004 (INS, 2006). Globalement, le secteur de la pêche industrielle au sens large, y compris la transformation, constitue pour Abidjan, un pôle de plus de 5.000 emplois directs, dont 1.000 pour le pêche proprement dite. 
La pêche artisanale (maritime, lagunaire et continentale) occupe environ 70.000 personnes. Elle est tenue essentiellement par les pêcheurs étrangers d'origine ghanéenne, béninoise, togolaise, libérienne et malienne. La production de la pêche artisanale représente avec
41.101 tonnes (2004) environ 67 % de la production nationale (INS, 2006).
Les lagunes ivoiriennes sont réputées avoir une production très élevée en raison des apports continentaux riches en nutriments. Le potentiel des plans d'eau lagunaire est estimé à
22.000 tonnes/an. Il est constitué essentiellement d'ethmalose (Ethmalosa Fimbriata), de machoiron ( Chrysichthys spp) de tilapia (Tilapia spp) et d'Elops (Elops Lacerta).
Les activités de pêche continentale sont concentrées sur les lacs de Kossou (800 km2), de Buyo (600 km²), d'Ayamé (160 km²) et de Taabo (70 km²). Les retenues d'eau hydroélectrique et hydro-agricole ont augmenté le potentiel de la pêche continentale estimé à
26.000 tonnes/an. 
La production nationale est la résultante de la pêche industrielle et de la pêche artisanale. L'aquaculture reste peu développée. Cependant, le manque de politique cohérente de la pêche donne un taux de couverture faible de (28% en 1999) de la consommation couverte par la production nationale, malgré les potentialités existantes. La consommation nationale augmente depuis quelques années. Elle a été évaluée en 1999 à 275.660 tonnes pour une production locale de 79.164 tonnes. Les 72% restants sont comblée par les importations.
Il existe très peu d'informations sur la sur-pêche maritime, mais l'analyse des captures de la pêche industrielle depuis 2000 fait sortir une baisse significative pour les chalutiers, sardiniers et crevettiers. La pêche artisanale est confrontée au problème de pêche par empoisonnement. Bien qu'interdite par les autorités gouvernementales, cette technique utilisant des produits chimiques ou des plantes se pratique clandestinement dans les mangroves et les baies éloignées des villages et menace les larves, le phytoplancton et les mollusques. Une baisse des captures a été observée ces dernières années dans les baies lagunaires d'Abidjan.
3.2.2 Pressions s'exerçant sur la qualité de l'environnement dans les établissements humains et  industriels (environnement urbain)

3.2.2.1 L'urbanisation



L'urbanisation en Côte d'Ivoire se développe très rapidement. En 1975 la population urbaine représentait 32,1% de la population totale, en 1999 elle atteignait 45,7% et en 2015 au moins 55,5% des  ivoiriens devraient vivre dans les zones urbaines. De plus, cette dernière estimation ne prend pas encore en compte l'augmentation de la population urbaine (déplacés) liée à la crise depuis 2002. La ville se définit comme une localité d'au moins 4.000 habitants où  50% de la population n'exerce pas une activité du secteur primaire.
Selon le recensement de 1998, il existe 69 villes en Côte d'Ivoire.
Le taux de croissance démographique annuel sur l'ensemble du pays a baissé légèrement de 3,8% (période 1975 – 1988) à 3,5% (1988 – 1998). Durant ces périodes, le taux de croissance de la population urbaine atteignait respectivement 5,3% et 4,5%. Au total la population urbaine a triplé en 23 ans pour atteindre 6.529.138 personnes sur le territoire national et 2.877.948 à Abidjan, soit 44% de la population urbaine. Le nombre de villes de plus de 50.000 habitants est passé de 16 en 1998 à 23 en 2001. Outre, le taux élevé de croissance annuel en milieu urbain et surtout à Abidjan, le processus d'urbanisation s'accélère depuis 2002 suite à  l'installation des déplacés et à l'aggravation de la pauvreté en milieu rural (exode). Actuellement on estime la population d'Abidjan entre 4 et  5 millions.
La densité de la population en milieu urbain s'élève, en moyenne, à 353 hab. /km². Cette densité  à Abidjan atteint 5.903 hab./km² sur une superficie d'environ 487,5 km². La forte pression sur les espaces urbains et la croissance rapide des villes provoquent une urbanisation, le plus souvent non contrôlée, donnant lieu à un développement illégal et anarchique des quartiers (zones d'habitat marginal). A Abidjan, 70 quartiers précaires occupant 734 ha ont été identifiés en 1994. A San Pédro la superficie des quartiers précaires était d'environ 300 ha. Très souvent les quartiers marginaux occupent les zones non adaptées à l'habitation (bas fonds et bord de lagune).
Presque tous les plans directeurs d'urbanisme n'ont pas été appliqués et il n'existe aucun Plan d'Occupation des Sols (POS) en Côté d'Ivoire. En plus de l'occupation des sols par les habitats non contrôlés, il convient de mentionner les 2.822 établissements industriels installés principalement (92,8%) à Abidjan. La non-existence de POS et le non-respect des règles d'urbanisme et de constructions résultent entre autres (voir les chapitres suivants) en une juxtaposition spatiale des habitations et des industries, une expansion rapide et inefficiente de la superficie urbaine et souvent aussi en une modification des systèmes de drainage provoquant des inondations et la pollution de l'environnement.
Les projections d'évolutions démographiques estiment pour 2015 une population totale à environ 29,2 millions de personnes (MET, 1994). Si l'on prend en compte le taux d'urbanisation projeté, la population urbaine oscillera entre 16,6 et 19,3 millions, soit 10,1 à 12,8 millions de personnes de plus en milieu urbain à nourrir, loger, alimenter en eau, équiper en structures d'assainissement et en unités de traitement des déchets. L'urbanisation non contrôlée, surtout à Abidjan, entraîne une très forte pression sur les ressources naturelles ; la pollution, et la dégradation de la lagune, représente un problème environnemental majeur du pays.

3.2.2.2 Des déchets industriels (déchets solides et effluents liquides)



L'agro-alimentaire, l'énergie (extraction et production), la chimie et le textile sont les principales branches et représenteraient 80% des entreprises du secteur. L'INS (RGPH de 1998)  dénombrait 2.822 établissements industriels en Côte d'Ivoire mais avec 92,8% de ceux-ci localisés à Abidjan et le reste à San Pédro et à Bouaké. 
L'impact des évènements sur l'activité industrielle est variable selon les branches. Ainsi, le pétrole, l'agroalimentaire (environ 30% du secteur industriel), l'industrie chimique (Unilever, Sanofi Aventis, SSI,  Eurofind), après avoir connu des baisses juste après les évènements, affichent à nouveau des croissances. Cette évolution traduit la reprise des exportations, notamment en direction de la sous région. A l'inverse, les secteurs du bois, chaussures, textile, matériaux de construction connaissent des difficultés (Annexe 7.I – 4). 
Sur le plan environnemental, il n'existe pas de filière spécifique pour l'élimination des déchets dangereux. En 1990, seules 9 industries disposaient d'une station d'épuration (ANDE, 2002).
Pour les déchets industriels provenant des établissements classés, une partie, généralement constituée de produits pâteux et solides, est détournée avec les déchets banaux sur une décharge non contrôlée qui reçoit l'ensemble des déchets ménagers de la ville d'Abidjan (des traces de cyanure, mercure ont été observées). Les autres sont issus de l'énergie électrique (polychlorobiphényles –PCB- non quantifié), des huiles usées des véhicules.  Les déchets solides industriels ont été évalués à 150.000 tonnes (MINEEF/DCV, 2001). Les produits liquides sont le plus souvent éliminés vers le milieu naturel soit directement soit après décantation ou neutralisation. En 1983, l'ORSTOM/IRD avait évalué le rejet des eaux résiduaires des industries d'Abidjan dans la lagune Ebrié à 4,4 millions de m³ par an (12.000 m³ par jour).
Pour les déchets dangereux médicaux – biomédicaux, les plans de gestion sont quasiment inexistants, les comités d'hygiène et de sécurité, pourtant réglementaires, ne sont pas ou plus fonctionnels et les modes d'élimination varient. La production de déchets biomédicaux des structures publiques sanitaires en Côte d'Ivoire a été évaluée à 3.200 tonnes par an (Doucouré et al, 2002) pour l'ensemble de la Côte d'Ivoire, dont 1.900 tonnes par an pour la ville d'Abidjan. La gestion actuelle de ces déchets pose un réel problème de santé publique et d'environnement. Ces déchets subissent rarement un tri sélectif à la source, excepté parfois pour les aiguilles de seringue, les placentas et les dérivés chirurgicaux de grande taille. Par ailleurs, ces tâches sont le plus souvent affectées à du personnel non formé, non sensibilisé ne disposant pas toujours d'eau de javel. De plus, le stockage initial s'effectue dans des locaux non adaptés, généralement accessibles et ouverts. Le stockage final se fait le plus souvent sur des dépôts sauvages donc non fermés et gardiennés. Certains centres pratiquent un brûlage en fossé, l'incinération artisanale, l'enfouissement dans des fosses non aménagées. Enfin, les stations d'épuration existantes sont hors d'usage mais ces centres disposent de fosses septiques. Ainsi, les risques potentiels pour l'environnement peuvent être observé tels la contamination de la nappe phréatique (contact des eaux de lixiviation avec l'eau de surface ou souterraine), la prolifération d'insectes vecteurs et de rongeurs, le développement d'infections comme le tétanos, la typhoïde, les diarrhées, l'hépatite B, le VIH/SIDA, la pollution atmosphérique (dioxines, furanes, métaux lourds – Hg, Pb-) renforcée du fait de la faible température de combustion des déchets.
A l'intérieur du pays, l'essentiel des déchets se retrouve également sous forme solide, mais aux déchets industriels banaux s'ajoutent une quantité très significative de déchets d'origine agricole.

3.2.2.3 Des déchets solides ménagers



La crise a paralysé tout le système administratif dans la partie Nord du pays et perturbé l'ensemble des services municipaux. De même, la venue d'un million de déplacés vers le Sud et plus spécifiquement sur Abidjan a entraîné le développement de quartiers précaires où les services  sont peu représentés. Une vingtaine d'entreprises collectent et déversent sans soin les ordures ménagères dans la décharge d'Akouedo qui est saturée (DCV, 2002). En 2001, la Direction du Cadre de vie estimait une  production de déchets ménagers à près de 2 millions de tonnes avec un taux de collecte d'environ 50% ; ce qui est bien loin de la situation de 1988 où près de 70% des ménages urbains voyaient leurs ordures ramassées par camion. La désorganisation des services, liée à la crise, que ce soit au Nord ou au Sud du pays a favorisé une élimination anarchique des ordures, sans grands soucis d'hygiène. Les décharges sont installées sans qu'il soit tenu compte des mesures de protection à envisager pour l'agglomération ; notamment une distance minimale raisonnable entre la commune et la décharge. Dans les villages il n'existe aucun système de ramassage et les ordures sont jetées dans la nature.
Au niveau des villes de l'intérieur, actuellement, les collectivités locales ne sont pas en mesure de financer la collecte et l'élimination des ordures ménagères par leurs propres ressources qui se faisaient auparavant en régie avec un matériel obsolète. L'intervention de CARE Côte d'Ivoire a permis de contrôler les déchets ménagers pour les villes de Bouaké (estimation de 600.000 habitants) et de Korhogo (estimation de 250.000 habitants).
A l'échelon de la ville d'Abidjan et de ses communes, les quartiers non desservis ou mal desservis par la collecte sont pour l'essentiel des quartiers à faible niveau de vie et des zones d'habitats spontanés. Avant la crise, le taux de collecte des déchets avoisinait 60% et le total collecté pour Abidjan s'élevait à 683.000 tonnes (BNETD, 2002). Actuellement, le taux de collecte est largement inférieur avec la venue d'environ 1 million de déplacés. De plus, la décharge d'Akouedo est une décharge incontrôlée puisque les déchets industriels et autres déchets non domestiques y sont déversés sans précaution particulière, sans traitement préalable ni valorisation, excepté le cas de SOCIPLAST qui rémunère les femmes au kilogramme de sacs plastique ramassés. 
L'enfouissement pendant environ 34 ans des ordures ménagères de la ville a fait apparaître des poches de gaz qu'il convient de maîtriser pour la sécurité des populations. Par ailleurs, les risques pour l'environnement immédiat, qui est d'ailleurs habité, sont importants lorsque des milliers, voire quelques millions de tonnes ne sont pas ramassés et constituent des dépôts sauvages dans les villes. Parmi ces pollutions, on peut noter celles des eaux (surface, souterraine, lagunaire), de l'air lors du brûlage et le développement des insectes piqueurs, des rongeurs, des transmissions des maladies, et des risques d'incendies.  
Enfin, le prochain centre d'enfouissement technique prévu à Atiekoi (sans EIE), pour remplacer celui d'Akouedo, se situe au dessus de la nappe phréatique alimentant la ville d'Abidjan. Dans ce cadre, il apparaît hautement souhaitable de revoir la stratégie d'élimination des déchets ménagers sur Abidjan

3.2.2.4 Des eaux usées domestiques et des eaux pluviales




De façon générale, les eaux usées domestiques des villes / villages et les rejets industriels sont rejetés sans traitement préalable primaire (physique) ou secondaire (chimique) dans les plans, cours d'eau et lagunes. Ainsi, les insuffisances en matière d'hygiène et d'assainissement dans les villes représentent parmi les premiers enjeux environnementaux de la Côte d'Ivoire. Seules 7 villes (Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Daoukro, Daloa, Gagnoa, San Pédro) disposent de schémas directeurs d'assainissement. Les villes de Bouaké, Dimbokro, Ayamé, San Pedro, Yamoussoukro dispose d'un embryon de réseau (écoles, centres de santé) en général ancien (celui de San Pedro date de 1980), non entretenu et bien loin de satisfaire l'accroissement de la population. Les autres villes disposent d'un assainissement individuel (fosses septiques avec puits perdu, latrines traditionnelles) et le reste des habitants utilisent des moyens de fortune. En fait, la Côte d'Ivoire ne dispose pas d'un système adéquat pour l'évacuation des excréta (Annexe 7. III – 6). 
Pour la ville d'Abidjan, ville qui accueille 44% de la population urbaine de Côte d'Ivoire, le taux d'accès à l'assainissement avant 2002 s'élevait à moins de 40%. Le réseau de collecte des eaux usées est estimé à 2000 km (1700 km en 1991) et a été mis en place il y a plus de 20 ans. 
Les lacunes et problèmes suivants semblent hautement dangereux pour l'environnement et les hommes tels :

 
Le faible taux de raccordement des ménages au réseau d'assainissement entraîne une pollution de la lagune. Les baies de Cocody, du Banco deviennent sur leurs marges des cloaques nauséabonds durant la saison sèche. Actuellement, la qualité du milieu lagunaire au niveau de la ville d'Abidjan est jugée impropre à tout usage si on devait se conformer aux recommandations (normes indicatives) de l'OMS.
Enfin, sur le plan environnemental, l'exploitation du réseau d'assainissement de la ville d'Abidjan a été confiée par l'Etat à la SODECI depuis 1999 à travers une convention d'affermage et de gestion. Pour le financement de cette convention une redevance assainissement est payée par les usagers d'eau potable pour, normalement, financer l'entretien régulier et le développement des installations d'assainissement. 

3.2.2.5 Du développement des transports urbains (qualité de l'air)



La croissance économique des années 60 -70 s'est traduite par un développement rapide des différents modes de transport (transports routier, aérien, maritime et fluvio-lagunaire). L'effort d'équipement entrepris a permis d'étendre le réseau routier bitumé notamment, qui est passé de 530 km en 1960 à 5.600 km en 1995. De plus, il existe 62.751 km de routes en terre. Cet effort qualitatif et quantitatif en matière d'infrastructures routières s'est répercuté sur l'accroissement du parc automobile qui a connu une accélération fulgurante depuis la libéralisation des importations de véhicules d'occasion. Entre 1990 et 1997, ce parc s'est accru de 4,9% en moyenne par an. Il apparaît cependant concentré dans la ville d'Abidjan où l'on observe 73,4% des véhicules en circulation en 1997. En 1999, le parc automobile de la Côte d'Ivoire comptait 196.711 véhicules et 16.365 motocyclettes (TEDCO, 1999). Depuis 1982, on constate un ralentissement des ventes de véhicules neufs et un vieillissement du parc automobile. Le trafic routier est une source importante d'émissions de CO2, NOx et de pollution du sol par les hydrocarbures. La pollution d'air concerne actuellement uniquement Abidjan et elle n'est pas encore considérée comme un problème environnemental majeur (Commission National de Prospective, 1996). Grâce à une bonne ventilation du bassin atmosphérique, les polluants sont rapidement évacués à Abidjan (PNUE/REDDA/ANDE, 2002) et la contribution de la Côte d'Ivoire aux émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial n'est pas significative (NU, 2005).
Le transport représente beaucoup plus un risque environnemental par la pollution des sols et de l'eau par les carburants et les huiles de vidange. Le recyclage des véhicules usés se présente sous forme de "cannibalisation" des pièces et les carcasses de véhicules jonchent les abords des routes. Le déballastage volontaire des navires est une source principale de la pollution océanique par les hydrocarbures ressenti tout le long de la côte.


La DCV a donné une estimation de 3600 tonnes sur la base de 1,8 kg par lit et par jour et 0,8 kg par patient et par jour.