La Côte d'ivoire affronte la déstabilisation de la société, l'appauvrissement de la population, une croissance démographique élevée et une dégradation de son environnement naturel. Cette évolution a une dimension dramatique et elle est un des facteurs de la crise qui sévit depuis 2002 ; crise pouvant s'aggraver s'il n'y a pas de mesures strictes d'inversion des tendances actuelles.
Les systèmes agricoles et forestiers ne sont pas durables. L'augmentation de besoins en terres agricoles, liée à des techniques non adaptées et à la croissance démographique, représente la pression la plus forte sur les ressources naturelles. Elle est à la source de conflits fonciers et de la dégradation de la cohésion sociale. Le secteur forestier souffre depuis des années d'un manque de matière primaire. La production intensive des cultures d'exportation et la quasi – absence d'assainissement (industries et ménages) provoquent une pollution inquiétante des eaux et des sols. Les premiers cas d'infiltration de substances dangereuses dans les eaux souterraines sont observés. 
Malgré des potentialités agricoles, le pays ne peut pas assurer la sécurité alimentaire par la production nationale car cette situation est étroitement reliée aux cultures d'exportation. Le taux de couverture de sécurité alimentaire observé en 2001 avant la crise (PNUD, 2003) oscille entre 70 % et 95 % pour les céréales et tubercules, 7% à 18% pour les produits de l'élevage et moins de 30% pour la pêche. Le déficit de nourriture est comblé par les importations. Cette tendance de réduction de la sécurité alimentaire augmente suite à la faible croissance de la production agricole (moyenne 1,37%/an) par rapport à celle de la démographie et au taux croissant de la population urbaine. La crise avec les nombreux déplacements internes des populations, la perturbation des systèmes de production et de commercialisation a réduit la productivité et a conduit à un seuil de pauvreté supérieur à  42% - 44% (PNUD 2005). 
Le taux de malnutrition des enfants reste, malgré une légère amélioration avant la crise, très élevé en atteignant 21,7% en 2002. Le taux apparaît plus élevé en milieu rural (25%) qu'en milieu urbain (15,8%). De même, il existe de fortes disparités régionales avec 16,6% dans la région Sud contre 33,0% dans le Nord, 27,1% au Nord-Est et 26,1% à l'Ouest. Si la tendance observée se maintient, la proportion d'enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition pourrait rester au dessus de 20%. La situation  empire avec la poursuite de la crise qui a obligé l'intervention du PAM (PNUD, 2003).
Le pays connaît une recrudescence des maladies infectieuses et parasitaires liées à la qualité de l'eau potable, à l'absence d'assainissement et de traitement des déchets. Ainsi, le paludisme et les diarrhées augmentent depuis 1996. De plus, l'indice sur les infections respiratoires aigues, indicateur de la qualité de l'air, est en hausse de 5,8%/an depuis 1995. La mortalité générale reste élevée avec un taux de 15‰ liée à la mortalité infantile, la pandémie du VIH/SIDA (12% à 14% de la population) et à la recrudescence de certaines maladies endémiques. L'espérance de vie est estimée à 44,7 ans en 2000 alors qu'elle était de 51,8 ans en 1995. La dégradation des systèmes de santé, du traitement des eaux usées et des déchets ainsi qu'une accentuation de la prévalence du VIH/SIDA, liée aux effets de la crise actuelle pourra se traduire par une baisse générale de la santé publique qui influencera la productivité de la population.
La pauvreté s'est fortement aggravée avec un indice de pauvreté qui a évolué de 10% en 1985 à 32,3 % en 1993 et à 36,8 % en 1995. En 2003, il se situait entre 42 et 44%. L'inégalité des revenus s'est accentuée. En 2002, les 10% les plus riches cumulaient 36% du revenu national contre 20% pour les 50%  les  plus  pauvres.  L'évolution de la pauvreté par milieu de résidence fait ressortir que la pauvreté s'est amplifiée tant en milieu rural qu'urbain mais a progressé plus vite en milieu urbain en évoluant de 5% en 1985, 23,4% en 1998 et à 24,0% en 2002. En milieu rural, les ratios de pauvreté qui s'établissent à 15,8% en 1985, 41,8% en 1998 et à 47,3% en 2002 confirment cependant bien que la pauvreté reste encore essentiellement un phénomène rural. (PNUD, 2003).
Cette pauvreté résulte de la politique de développement  qui  n'a  pas  permis de résorber  le chômage et d'accroître les opportunités de rémunération  de  la  population.  Dans  le  même  temps, l'inégalité s'est accrue. Cette inégalité occasionne de plus en plus de violences parce que la population est à la recherche d'opportunités de survie. En l'absence d'une politique volontariste et vigoureuse de lutte contre la pauvreté pour infléchir les tendances observées, le taux de pauvreté se situerait autour de 48% en 2015 (PNUD 2005).
La pauvreté et la dégradation de l'environnement sont une spirale auto – entretenue : sous l'impitoyable logique des impératifs du court terme, les pauvres surexploitent ce qui forme l'assise de leurs ressources, sacrifiant ainsi le futur au sauvetage du présent. Le déclin écologique, en retour, perpétue la pauvreté car les écosystèmes dégradés ne donnent plus aux pauvres des ressources suffisantes pour couvrir leurs besoins. Dans ce contexte, les perspectives environnementales de la Côte d'Ivoire demeurent très inquiétantes.
L'aggravement de la pauvreté en combinaison avec la croissance démographique a entraîné une extrême pression sur le patrimoine foncier, principal facteur de production agricole. La lutte pour l'appropriation des terres agricoles a également brisé la confiance et la paix au niveau de la population. Les situations conflictuelles latentes ne sont que le résultat de la raréfaction des terres. La crise sociopolitique est venue aggraver la situation avec les nombreux flux migratoires consécutifs aux déplacements des populations. Le sentiment d'exclusion s'installe alors peu à peu dans l'esprit de certaines personnes qui estiment qu'elles sont marginalisées par la société. Ce sentiment conduit à des révoltes qui se caractérisent par des violences, le non-respect des rites de la société, la délinquance, etc., causes majeures de la rupture de la cohésion sociale. Elle s'exprime actuellement par la forte augmentation des petits et moyens conflits dans les communes et quartiers. Si cette tendance persiste, la Côte d'Ivoire aura le haut risque de perdre ses ressources naturelles en même temps que la cohésion du pays.
De plus, la dégradation sociale met en danger le patrimoine et les valeurs culturelles. La Côte d'Ivoire compte 6702 forêts sacrées couvrant une superficie de 36.434 ha et concentrées dans les régions des savanes (22%) du Zanzan (18%), du N'Zi Comoé (24,5%), du Worodougou (12%). Elles représentent un patrimoine socio-culturel, écologique et économique important. Toutefois, ces forêts sacrées, traditionnellement bien protégées grâce à leurs valeurs religieuse et culturelle, subissent les pressions anthropiques accentuées avec l'ignorance  des rites sociaux  et le démantèlement des sociétés.