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Environnement Urbain et sa Gestion en Côte d’Ivoire

//Glossary Link Environnement Urbain et sa Gestion en Côte d’Ivoire

M. KOPIEU GOUGANOU Ingénieur des Travaux Publics, Ingénieur Ponts et Chaussées Expert en Environnement

I. INTRODUCTION

Partiellement et timidement abordés jusqu'à les années 60, les problèmes environnementaux sont devenus aujourd'hui, une préoccupation mondiale de premier ordre. Les questions récurrentes de protection des //Glossary Link ressources naturelles, de sauvegarde de la qualité de l'air, de vivre dans un cadre de vie sain, de préservation de la biodiversité, de disposer des biens de la nature etc. etc, sont devenues de plus en plus préoccupant au point de mobiliser toutes les nations afin de trouver ensemble les solutions idoines au cours des assemblées régulières.

En effet, l'homme pour le besoin de son développement, a bouleversé les équilibres naturels. Ainsi les eaux continentaux et les nappes phréatiques continuent d'être polluées, la couche d'ozone qui protège la terre est dérèglée, le //Glossary Link climat change, les //Glossary Link ressources naturelles s'épuisent, le sol s'appauvrit, la biodiversité se raréfie, enfin le développement de l'être humain devient hypothétique.

Face à cette situation il est indispensable que le monde se mobilise comme un seul homme pour faire face aux dangers de la dégradation du cadre de vie et des ressources naturelles. Aussi la Côte d'Ivoire a-t-elle inscrit à l'article 19 de la constitution, sa loi fondamentale que ''Tout ivoirien a droit à un environnement sain''. Le code de l'environnement voté le 3 octobre 1996 définit l'environnement comme l'ensemble des éléments physiques, chimiques, biologiques et des facteurs socio-économiques, moraux et intellectuels susceptibles d'avoir un effet direct ou indirect, immédiat ou à terme sur le développement du milieu, des êtres vivants et des activités humaines. Ce code fait la distinction entre l'environnement humain concerné par le présent exposé et qui est relatif au cadre de vie et à l'aménagement du territoire et l'environnement naturel qui comprend (i) le sol et le sous-sol (ii) les ressources en eau, (iii) l'air, (iv) la diversité biologique et (v) les paysages, sites et monuments.
Le code de l'environnement fixe les objectifs de l'action environnementale en six points :
1. protéger les sols, sous-sols, sites, paysages et monuments nationaux, les formations végétales, la faune et la flore et particulièrement les domaines classés, les parcs nationaux et réserves existantes ;
2. établir les principes fondamentaux destinés à gérer, à protéger l'environnement contre toutes les formes de dégradation afin de valoriser les ressources naturelles, de lutter contre toutes sortes de pollutions et nuisances ;
3. améliorer les conditions de vie des différents types de population dans le respect de l'équilibre avec le milieu ambiant ;
4. créer les conditions d'une utilisation rationnelle et durable des ressources naturelles pour les générations présentes et futures ;
5. garantir à tous les citoyens, un cadre de vie écologiquement sain et équilibré ;
6. veiller à la restauration des milieux endommagés.

II Composante et Importance de l'environnement Urbain

L'accès à une eau salubre, l'évacuation et le traitement adéquats des eaux usées et des excréta, l'élimination correcte des déchets solides, l'éducation en matière d'hygiène, les rejets atmosphériques, la mobilité sociale, l'habitat sont des secteurs de la gestion de l'environnement urbain sont des secteurs de l'environnement urbain qui ces derniers temps, retiennent l'attention du monde entier.. L'accès limité à ces services urbains est la principale cause de réduction de l'espérance de vie, d'augmentation de la mortalité infantile et de la surcharge de travail des femmes et des enfants. C'est en cela que la prise en compte de ces services dans les politiques et stratégies de développement de la ville doit être effective. Déjà en 1968, l'insuffisance d'infrastructure d'assainissement a provoqué à Abidjan, une importante épidémie de choléra causant ainsi de nombreux décès dont les femmes et les enfants. Aujourd'hui encore, l'existence çà et là d'habitats insalubres dans la ville provoque chez l'habitant, des maladies hydriques qui sont la cause principale de fréquentation des centres de santé. Confrontés à cette dramatique situation les gestionnaires du pays avec l'appui de la communauté internationale, ont entrepris des études, des projets et des réalisations pour la maitrise de l'évacuation des eaux usées de la ville avec pour objectif principal la protection du système lagunaire.

La disponibilité de l'eau potable en qualité et en quantité, l'accès à un cadre de vie sain et un habitat salubre sont à la fois l'expression et un indicateur du contexte écologique urbain. La détérioration progressive de l'environnement et la concentration d'habitations ne disposant pas de systèmes adéquats d'élimination des déchets et des excréta vont à l'encontre d'un accès à une santé durable.

Au début des années 90, dans le monde entier, plus d'un milliard d'êtres humains n'avaient pas accès à une //Glossary Link source d'eau potable et environ 1,7 milliards ne disposaient pas de système d'évacuation des eaux usées et des excréta. A cette époque, l'OMS estimait que 80% de tous les cas de maladies sont en relation directe avec un environnement insalubre. Afin de garantir la fonction essentielle de l'eau pour la vie et la santé humaine et de développer l'économie et les capacités institutionnelles sociales, la décennie 1981-1990 avait été déclarée Décennie Internationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DIEPA).

Malgré les nombreuses interventions au cours de la décennie, force est de constater que le contexte social et économique difficile des années 80 et 90, s'est traduit par une paupérisation croissante de la population. De plus l'expansion rapide des villes ainsi que l'incapacité de l'Etat à assurer l'investissement tant au niveau de l'équipement que de l'exploitation, sont des facteurs qui expliquent le résultat modeste obtenu.

C'est en 1994, après la conférence de Rio qu'une //Glossary Link politique et un //Glossary Link Plan National d'Action Environnementale (PNAE) ont été définis. L'approche proposée pour la promotion d'un environnement urbain sain se base entre autres sur la décentralisation et la responsabilisation des collectivités locales, l'implication maximale du secteur privé et le recours aux technologies les plus adaptées au regard des capacités de gestion des infrastructures. Dans ce plan d'actions cinq points prioritaires de concentrations correspondants aux objectifs généraux et spécifiques à atteindre en matière d'environnement urbain ont été identifiés. Il s'agit de:
1. la maitrise du développement urbain
2. l'amélioration d'ensemble du cadre de vie urbain
3. l'accès à l'eau potable
4. l'amélioration de l'habitat
5. la salubrité urbaine (assainissement des eaux usées et des eaux de drainage, gestion des déchets)

L'urbanisation galopante et non contrôlée des villes, l'accroissement exponentiel de la population ont l'aggravé la pauvreté et ont engendré un fort besoin en logement et en infrastructures urbaines d'eau potable, de gestion des déchets, d'hygiène, de mobilité. Les services fournis n'étant pas équitables il en résulte des impacts négatifs pour la survie des personnes et des biens. Ainsi, une bonne partie de la population consomme l'eau non potable, manque d'hygiène de base, et n'élimine pas leurs déchets, utilise des espaces impropres à la construction, se déplace avec difficultés…..

Cette croissance exerce une forte pression sur les espaces urbains et l'extension spatiale rapide de la ville provoquent une urbanisation moins contrôlée, donnant lieu à un développement illégal et anarchique des quartiers (zones d'habitat marginal). A Abidjan, 70 quartiers précaires occupant 734 ha ont été identifiés en 1994. Très souvent ces quartiers marginaux occupent les zones non adaptées à l'habitation (bas-fonds et bord de lagune, ravins etc.).

Du non-respect des règles d'urbanisme et de constructions résultent entre autres en une juxtaposition spatiale des habitations et des industries, une expansion rapide et inefficiente de la superficie urbaine et souvent aussi en une modification des systèmes de drainage provoquent des inondations et la pollution de l'environnement. Ainsi le peuplement, la consommation et la densité humaine de l'espace urbain ont une forte relation avec les infrastructures d'eau potable, d'assainissement et de gestion des déchets municipaux, de la mobilité urbaine etc. Les problèmes environnementaux et sociaux engendrés par ces secteurs sont divers et s'identifient selon que l'espace urbain étudié est urbanisé ou non. Aussi, l'importance de l'environnement urbain se décline autour de l'habitat, de l'eau potable, de l'assainissement, de la gestion des déchets.
Le terme « habitat » ou le cadre de vie ne s'est jamais limité au simple concept du logement ou abri qui sert à protéger l'homme contre les éléments qui lui permettent de garder en lieu sûr ses biens et jouir de l'intimité nécessaire. La conception de l'habitat s'est élargie de telle sorte que celui-ci comprend, outre cet abri, le milieu dans lequel il est implanté. Ainsi, tout ce qui entoure le logement doit contribuer au bien-être social de la famille et de l'individu afin de leur assurer une santé physique, mentale et sociale. Il est donc essentiel que l'habitat remplisse certaines conditions qui le rendent salubre. L'hygiène de l'habitat a pour but d'assurer et de promouvoir la santé physique, mentale et sociale de la population.

Sans eau saine et adéquate aucune vie n'est possible. Les plantes, les animaux en ont besoin. Si les premières collectivités humaines se sont fondées le long des cours d'eau, il est encore vrai aujourd'hui que l'eau reste un facteur important de progrès. Aucune communauté ne peut évoluer sans un approvisionnement en eau adéquat permettant à ses habitants de vivre sainement et confortablement et à son économie de se développer. Parallèlement, cette notion d'évolution ne peut se concevoir sans celle de salubrité. S'il est nécessaire de pourvoir l'eau en quantités suffisantes, il est également requis que cette eau soit saine et pure, car l'eau constitue le véhicule le plus commun et le plus important de la transmission des maladies. A ce titre, elle constitue l'une des préoccupations majeures de l'hygiène publique et, du personnel de l'hygiène du milieu.

L'évacuation des déchets est nécessaire pour des raisons d'hygiène et d'esthétique. Les déchets attirent les mouches, les rats, les cafards, ainsi que les chats et les chiens errants et, en se putréfiant, dégagent des odeurs. En outre, s'ils sont contaminés, ils peuvent renfermer des germes pathogènes et des parasites. Certains types de déchets, par exemple les boîtes de conserve vides, les pneus usagés, peuvent recueillir l'eau de pluie et devenir ainsi des gîtes pour les moustiques. Des amoncellements de détritus tels que pierres, briques, bois, cartons peuvent servir de refuges aux rats. Enfin, les cendres et poussières, agitées par le vent, deviennent des nuisances et des sources de pollution de l'air.

L'assainissement englobe le drainage, l'évacuation des eaux usées et des excréta. Dans les villes et villages, les pluies intenses et importantes tombant sur le sol argilo-sableux, propices au ruissellement conduisent à réaliser des ouvrages de drainage aux dimensions considérables qui concentrent à leur exutoire des flux importants, créant un impact préjudiciable à l'équilibre des milieux aquatiques et aux infrastructures situées à l'aval et augmentent les risques en cas de défaillance (inondations, érosion). Les ouvrages conventionnels de drainage nécessitent une maintenance coûteuse qui n'est, la plupart du temps, pas assurée régulièrement par manque d'organisation et de moyens au niveau des services techniques centraux ou municipaux. Le dysfonctionnement du réseau pluvial est également lié à une mauvaise appropriation des ouvrages par les riverains ainsi qu'à la faiblesse de l'organisation du système d'évacuation des déchets solides. Il convient de mettre en œuvre des solutions alternatives conciliant, du point de vue //Glossary Link technique, la protection de l'environnement urbain contre les effets des eaux pluviales et la réduction du coût des aménagements, ce qui, dans le contexte d'Abidjan, signifie notamment de recourir à des technologies mobilisant davantage la main-d'œuvre et les matériaux locaux.

Les fèces et les urines humaines sont appelées « excréta ». Mélangés aux eaux de douche, de WC, de cuisine et de lavage, on a les eaux usées domestiques. L'évacuation insalubre des eaux usées humaines infectées conduit à la contamination du sol et des ressources en eau. Les excréta risquent, d'une part, de constituer un foyer où certaines espèces de mouches prolifèrent et propagent l'infection ; enfin, ils attirent les animaux domestiques, les rongeurs, la vermine, créant ainsi un gêne intolérable. Chacun de ces facteurs joue un rôle important dans la propagation des maladies gastro-intestinales, d'où la nécessité du traitement des excréta ou de leur rejet convenable afin d'en supprimer les dangers. Une bonne évacuation des excréta humains permet d'éliminer certaines maladies telles que le choléra, les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes, les dysenteries, les diarrhées infantiles, l'ankylostomiase, l'ascaridiase, la schistosomiase et d'autres infections intestinales, ou d'en diminuer la fréquence.

Deux principes stratégiques devraient permettre d'améliorer, à titre préventif, la maîtrise du ruissellement pluvial urbain et des inondations :
1. Assainissement doit être considéré dans le contexte global de l'environnement urbain et intégrer des considérations de natures urbanistique, sanitaire, économique, politique, socioculturelle et éducative au même titre que les critères de choix techniques et technologiques. A ce titre, la planification de l'assainissement pluvial doit être intégrée dans la planification urbaine ;

2. Lors de la conception des aménagements urbains, les mesures préventives sont préférées aux mesures correctives et l'assainissement pluvial s'orientera vers la recherche de solutions de maîtrise du ruissellement plutôt que de seule évacuation des eaux, favorisant la rétention ou l'infiltration de celles-ci avant qu'elles ne se concentrent en débits ruisselant élevés.

Ces techniques nécessitent une approche nouvelle et une ingénierie différente de celles utilisées jusqu'à présent pour la conception des réseaux de drainage. L'assainissement se propose de prévenir les maladies par l'élimination ou le contrôle des facteurs du milieu qui forment les maillons dans la chaîne de transmission de la maladie. A ce titre, nous avons déjà considéré un certain nombre de facteurs : l'eau, les excréta, les ordures et autres déchets, les insectes et les rongeurs. Les denrées alimentaires peuvent constituer des véhicules de germes ou de substances dangereuses pour la santé et doivent donc être contrôlées elles aussi. Que les aliments puissent être dangereux pour la santé est une chose bien connue ; pour s'en convaincre, il suffit de lire dans les journaux la relation de certains épisodes particulièrement spectaculaires d'intoxication alimentaire.

De ce qui précède l'on peut conclure que le concept de l'environnement urbain est vital et non un luxe. C'est un impératif, une obligation incontournable, une nécessité absolue. En effet selon les prévisions démographiques, en 2015, la population ivoirienne totale atteindra les environs de 29,2 millions de personnes, avec entre 16,6 et 19,3 millions de personnes dans les zones urbaines, soit 10,1 à 12,8 millions de plus qu'actuellement. Ceci engendrera des pressions excessives sur les services publics, tels que les logements, l'alimentation en eau, et la fourniture en structures d'assainissement et en unités de traitement des déchets. L'urbanisation non contrôlée, surtout dans les villes, entraîne une très forte pression sur les ressources naturelles et la périphérie de la ville, développe de la pollution qui dégrade la qualité des eaux des rivières et la lagune. Cette urbanisation qui dévore les espaces verts et qui squatte les réserves administratives et les bas-fonds représente un problème environnemental majeur pour la Côte d'Ivoire. L'insuffisance dans les services de gestion des déchets solides, d'assainissement et d'approvisionnement en eau potable ont des incidences néfastes sur la santé de la population et donne lieu à une recrudescence des //Glossary Link maladies infectieuses, parasitaires, respiratoires et endémiques telles que le //Glossary Link paludisme, le choléra, la fièvre typhoïde.

III Cadre Juridique et Institutionnel de Gestion de l'Environnement

Depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire en 1960, les gouvernements qui se sont succédé ont entrepris des efforts considérables d'amélioration du cadre législatif et institutionnel relatif à la gestion de l'environnement. Diverses institutions publiques chargées de la gestion de l'environnement ont été créées, en particulier au niveau national. La Côte d'Ivoire a par ailleurs confirmé son engagement face aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), y compris le septième objectif, portant sur la durabilité environnementale. Ce dernier exige l'intégration des principes de développement durable dans les politiques et les programmes du pays, ainsi que le recul des pertes de ressources environnementales. Elle s'est également impliquée dans le //Glossary Link programme adopté lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable (SMDD) à Johannesburg en 2002. La Côte d'Ivoire a par ailleurs ratifié de nombreuses conventions internationales portant sur la protection de l'environnement, y compris le //Glossary Link Protocole de Kyoto. Depuis de nombreux textes règlementaires sont pris et contenus dans le nouveau code de l'Environnement.

Malgré ces engagements, la gestion efficace de l'environnement est actuellement entravée par de nombreuses difficultés notamment.
(i) la capacité des institutions à collecter, analyser et diffuser des informations et à concerter toutes les parties prenantes dans le //Glossary Link processus de détermination des stratégies et politiques ;
(ii) La culture organisationnelle, les //Glossary Link processus d'organisation internes, les capacités de gestion intersectorielle et territoriale des institutions publiques.

Après l'indépendance en 1960, la Côte d'Ivoire a entrepris des initiatives d'institutionnalisation de la gestion de l'environnement notamment, l'adoption du code forestier en 1965 ; la création en 1966 de la Société pour le Développement des forets (SODEFOR) ; et la mise en place d'un comité consultatif pour la protection des végétaux en 1971. La Commission Nationale pour l'Environnement a été fondée en 1973 en réponse aux recommandations de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement de 1972. Cette initiative des autorités ivoiriennes est une mesure importante pour le //Glossary Link renforcement de la coordination intersectorielle.

La création du Ministère de l'Environnement en 1981 dix ans après Stockholm marque l'importance accordée par l'Etat à la protection de l'environnement pour le développement. Depuis, le fonctionnement des administrations en //Glossary Link charge de l'Environnement a été assuré par des financements divers. Ces entités ont été marquées par une instabilité institutionnelle due à l'absence d'orientations véritables dans la politique du secteur.

Les entités impliquées dans la gestion de l'environnement urbain incluent des organismes du secteur public, et des membres du secteur privé et de la société civile. Le Ministère de l'Environnement et du développement durable, le Ministère de la salubrité, le Ministère de la Construction de l'assainissement et de l'urbanisme, le Ministère du logement. Ces ministères disposent sous leur tutelle de services rattachés et déconcentrés, de directions centrales et d'Etablissements Publics Nationaux et de structures territoriales (Directions régionales, Départementales, antennes locales etc. ). Il est à regretter que ces représentations territoriales à plusieurs têtes manquent souvent de coordination.

Au cours de la deuxième moitié des années 90, l'Etat ivoirien a entrepris des mesures importantes au niveau de la politique et de la législation environnementale. En 1995, la Côte d'Ivoire a élaboré le Plan National d'Action Environnementale (PNAE) pour la période 1996-2010. Ce programme contient 10 volets: (1) Développement agricole durable, (2) Préservation de la biodiversité, (3) Gestion des établissements humains, (4) Gestion de l'espace littoral, (5) Lutte contre la pollution et autres nuisances industrielles, (6) Gestion intégrée de l'eau, (7) Amélioration de la gestion des ressources énergétiques, (8) Recherche, Education, Formation et Sensibilisation, (9) Gestion intégrée et coordonnée de l'information environnementale, et (10) Amélioration du cadre institutionnel et réglementaire. Le PNAE a servi de fondement pour l'élaboration d'un cadre législatif propice au développement durable, renforcé en particulier par l'adoption du code de l'environnement en 1996, du code de l'eau en 1998, suivi d'une série de législations environnementales . Malheureusement, leur mise en pratique n'a pas été à la hauteur des réformes politiques et législatives ambitieuses du secteur de l'environnement, et l'instabilité sociopolitique a notamment freiné les progrès espérés initialement.

Diverses politiques sectorielles ont eu des incidences sur la gestion environnementale, notamment la politique de l'eau, la politique forestière, la politique de la pêche, la politique du tourisme, la politique énergétique, la politique du pétrole, la politique agricole et la politique industrielle etc., etc. Compte tenu du caractère transversal des enjeux liés à l'environnement, plusieurs Départements ministériels du Gouvernement ivoirien concourent à la résolution de certains problèmes spécifiques. Des initiatives louables en matière de coopération intersectorielle ont été développées au cours des dernières années. Notamment dans le cadre des EIE, plusieurs Ministères ont développé des axes de coopération allant au-delà des processus définis, assurant une cohérence des activités entreprises. Malgré ces initiatives importantes, la coordination de ces acteurs et l'intégration des aspects environnementaux au sein des politiques sectorielles reste très faible en Côte d'Ivoire.

IV. ONGs et Société Civile dans la gestion de l'environnement

La Côte d'Ivoire a entrepris des efforts considérables en matière de décentralisation de la gestion environnementale. La Loi n°2003-208 du 7 juillet 2003 portant sur le transfert de certaines fonctions de l'Etat en matière de gestion environnementale aux collectivités territoriales constitue un grand pas dans ce sens. Par cette Loi, les attributions suivantes ont été transmises aux collectivités territoriales :

a. L'élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation des plans d'actions environnementaux ;
b. La gestion, la protection et l'entretien des forêts des zones protégées, des parcs et des sites ;
c. La création de parcs naturels et de zones protégées par le processus d'identification, de délimitation, et d'acquisition de terrains appropriés, et leur aménagement conformément aux //Glossary Link normes en vigueur ;
d. L'élaboration et la mise en œuvre des programmes de gestion et de protection des eaux continentales ;
e. La coordination et le renforcement de la gestion des ordures ménagères et autres déchets (à l'exclusion des déchets industriels et hospitaliers), ainsi que la lutte contre l'insalubrité, la pollution et les nuisances.

Malgré les progrès en matière de transfert de compétences, des obstacles majeurs persistent face à la mise en œuvre des politiques et des stratégies au niveau local. En effet, à ce niveau, les employés responsables des enjeux liés à l'environnement manquent de compétence en la matière. Le renforcement des capacités prend le plus souvent la forme d'activités ponctuelles telles que des séminaires ou des ateliers, qui restent généralement sans suite. On a rarement recours à une gestion locale plus rapprochée des citoyens, permettant la prise en compte des coutumes et des particularités locales. Un programme de renforcement de capacité, en particulier sur la sensibilisation et la gestion de l'environnement, permettrait l'application d'une telle gestion par les services chargés de l'environnement dans les communes et dans les districts.

Apparues pour la première fois en Côte d'Ivoire au début des années 1980, les ONG concernées par la sauvegarde de l'environnement se sont multipliées à la veille du sommet de Rio. Depuis le coup d'état de 1999, la mobilisation sociale s'est amplifiée , et le nombre d'ONG dans le domaine de l'environnement est désormais estimé à plus d'une centaine. La fédération d'ONG FEREAD représente environ 80 ONG.

De ce qui précède l'on peut retenir qu'il existe quelques faiblesses dans la mise en œuvre des actions environnementales qui limitent sa visibilité en Côte d'Ivoire. Cependant, des opportunités importantes, de nombreux atouts au niveau du cadre juridique et institutionnel ont étés identifiés pour faire face à aux impacts négatifs ci-avant. Le chapitre suivant vise à fournir des informations qui permettront de renforcer la gestion environnementale en Côte d'Ivoire afin qu'à l'avenir l'environnement et le cadre de vie deviennent comme une composante à part entière, au même titre que le développement social et de l'économie de la nation. Il met en relief l'importance du secteur et la prise de conscience collective et mondiale pour la préservation des ressources et la fourniture de services propres pour le mieux être de la population.

VI. STRATEGIES D'AVENIR

Les impacts et les défis décrits ci-avant invitent à réorienter sans attendre notre approche de développement axée seulement sur les besoins de la croissance économique et sociale au détriment de la protection de l'environnement. Vu l'importance d'un cadre juridique et institutionnel performant et d'un respect des principes de dynamisation du secteur, les options pour des interventions listées par la suite, touchent les points les plus importants identifiés dans le cadre de l'analyse ci-dessus. Cette analyse révèle que, la transversalité qui pouvait être la force de ce ministère est devenu sa plus grande faiblesse au point où apparemment un sujet est rarement de sa compétence exclusive. Dans la stratégie du futur il conviendra de mettre l'environnement au cœur de toutes les politiques nationales, locales et individuelles relatives à notre développement et notre existence. Pour ce faire des stratégies concrètes doivent désormais voir le jour. Il s'agit en premier lieu de passer de la marginalisation et de la dilution des responsabilités du ministère en charge de l'environnement pour traduire concrètement la priorité à accorder à l'Environnement et au développement durable par le renforcement du cadre institutionnel et la création des indicateurs de croissance et de durabilité. En second lieu il sera indispensable de vulgariser l'outil d'étude d' //Glossary Link impact environnemental, sociale et culturelle. Il sera aussi déterminant de procéder en troisième point à l'éducation, à la formation, à l'information et à la sensibilisation à tous les niveaux.

VI.1 Renforcer la capacité des institutions publiques en charge de l'environnement

Pour remédier à la situation de la marginalisation de l'action environnementale et à la dilution des responsabilités des structures en charge de l'environnement, plusieurs solutions sont envisageables. En France, le seul Ministère d'Etat, est celui en charge de l'environnement et du développement durable. Cette disposition positionne les questions environnementales très proches du sommet de la hiérarchie gouvernementale de décision. Toutefois il importe de renforcer les moyens matériels humains et financiers alloués à la mission et de mobiliser des compétences qui soient directement liées au rôle de régulation et de gestion d'un Ministère dont la caractéristique est d'être transversale.

Quant à la collecte des données, la mise en place d'un système national d'information sur l'environnement opérationnelle comme résultat d'une identification précise des structures productrices de données, l'harmonisation des méthodes et de supports de collecte de données, ainsi que la vulgarisation de ces données semble primordiale. Afin de systématiser la collecte, le développement des //Glossary Link indicateurs de performance avec la formation des acteurs, l'élaboration des procédures de collecte de données, l'identification des indicateurs spécifiques et des milieux clés, objets de surveillance au plan national et international, s'impose. Cela est possible dans le cadre d'un partenariat avec les Université, les laboratoires, les instituts de recherche et les ONG environnementales.

La mise en place d'instruments de pilotage et d'indicateurs de durabilité devrait permettre à terme d'évaluer toutes les politiques publiques du point de vue de la protection de l'environnement et du développement durable. A ce niveau la vulgarisation, la création d'un observatoire de l'environnement, dont les attributions devront être bien définies au préalable, est nécessaire. Ceci permettra la création et l'animation d'un mécanisme de diffusion et de vulgarisation de l'information environnementale.

Quant à la concertation des acteurs des secteurs publics et privés ainsi que de la société civile, la redynamisation de la CNDD est une priorité en raison du besoin manifeste de concertation et de coordination des actions environnementales dans un cadre véritablement opérationnel, ouvert à tous les acteurs de l'environnement.

L'adoption d'un cadre légal pour l'accès à l'information semble importante. Cette mesure faciliterait une dynamisation des activités des journalistes et de la société civile dans leurs efforts de renforcement de la demande de la population pour une gestion durable de l'environnement qui vise à la réduction de la pauvreté. L'établissement d'un réseau serait un bon point de départ qui permettrait une analyse en profondeur des besoins.

VI.3 Renforcer la gestion territoriale et la coordination intersectorielle

Quant à la gestion locale, des mesures de renforcement des capacités des agents affectés aux conseils généraux et communes s'impose afin de profiter du potentiel d'une gestion efficace à ce niveau. Les communes doivent notamment disposer des capacités nécessaires pour le développement de leur vision propre du futur au niveau de la gestion de l'environnement. Cela renforcera l'appropriation et la mise en œuvre des stratégies et politiques nationales au niveau local sous une coordination efficiente par le ministère. Cette coordination est peu visible actuellement et un renforcement à ce niveau semble primordial.

Au niveau de la coordination intersectorielle, la redynamisation de la CNDD est une priorité absolue. Cette structure doit être dotée des moyens financiers et des ressources humaines nécessaires pour une mise en œuvre efficiente de ses tâches dans le domaine de la coordination des différentes institutions publiques du secteur. Par le biais de cette structure, le ministère devrait d'avantage développer des initiatives en coopération avec les autres Ministères touchés, notamment dans les domaines de la sensibilisation, des incitations fiscales pour la durabilité environnementale et des mesures visées vers la santé de la population et la réduction de la population par le biais d'une exploitation durable des ressources naturelles. Afin d'augmenter les capacités des institutions publiques concernées, les formations dans les institutions publiques qui traitent des questions liées à la gestion de l'environnement devraient être multipliées.

Certaines des contraintes rencontrées par le ministère dans l'exécution budgétaire ne peuvent être réglées qu'au niveau des réformes plus globales des finances publiques. Un des défis principaux pour le secteur est le financement inadéquat qui affecte l'administration dans sa responsabilité de la gestion environnementale, et en particulier le suivi/évaluation/contrôle sur le terrain ainsi que l'établissement d'une base de données environnementale, important pour une évaluation de l'efficacité et l'efficience des programmes ainsi que des risques environnementaux. Si un renforcement des capacités des agences dans la collecte des recettes du secteur permettra d'établir un financement plus durable pour les agences, un renforcement du budget central et ses unités déconcentrées semble primordiale afin d'assurer une gestion environnementale qui permettra une croissance durable du pays.

VI.4 Vulgariser l'éducation, l'information et la sensibilisation environnementales

Sans la participation des uns et des autres rien ne sera possible. C'est pourquoi il est plus que déterminant de promouvoir une grande politique d'éducation et de sensibilisation de tout le peuple en multipliant les débats publics.

En effet, la vulgarisation de la formation de la population dans toute sa composante paraît d'autant plus nécessaire que la crise environnementale actuelle n'est comparable à nul autre évènement de cette ampleur que nos sociétés aient pu référencier, comprendre, évaluer anticiper et gérer. Les caractéristiques et les conséquences des évènements ne sont pas perceptibles, ce qui conduit facilement à les nier ou à s'y habituer. La difficulté à admettre la gravité du réchauffement climatique tient par exemple aux conditions socioculturelles dont certaines plongent leurs racines dans les siècles passés comme par exemple la nature dispose de ressource inépuisable à la disposition de l'être humain. Parmi les populations urbaines figurent des générations qui n'ont jamais vécu en relation avec la nature si ce n'est dans les espaces aménagés ou au travers de la télévision. Cette population ne peut apprécier ce que la nature et la forêt peuvent apporter à l'homme. Il a fallu qu'il ait déversement des déchets toxiques en côte d'Ivoire pour que l'on se rende compte de l'ampleur des problèmes environnementaux. Quand sait que dans les années à venir la population du pays sera de plus en plus urbaine, il est à craindre que pour celle-ci les écosystèmes forestiers deviennent un univers lointain et abstrait.

Il est proposé pour les années à venir de systématiser les débats publics autour des politiques, actions et textes législatifs affectant l'une des dimensions de développement durable. Cette fonction que pourrait jouer la CNDD, devrait influer sur le choix de ses membres. Il serait par exemple opportun de choisir des personnalités à la croisée de la société civile et des fonctions électives ou ministérielles ou des personnalités reconnues pour leur compétence en matière de d'environnement et de développement durable.

L'importance de l'éducation à l'environnement a été reconnue depuis la conférence de Rio de Janeiro en 1992. L'assemblée générale des nations unies du 20 décembre 2005 dans sa résolution 57/254 a proclamé pour commencer de janvier 2005, <<décennie des nations unies pour l'éducation en vue du développement durable>>. Ces dispositions internationales constituent d'indéniables invitations pour inciter les acteurs de l'éducation nationale et de la formation des enfants à :

• reformer le système scolaire pour l'ajuster aux nécessités et à l'urgence des problèmes environnementaux
• adopter un plan de formation des enseignants
• renforcer la capacité des établissements de formation supérieure

VI.5 Lancer une vaste campagne de formation du public

L'objectif de cette campagne qui s'appuiera sur les médias, la télévision, la presse écrite et radiophonique, est d'amener la population ivoirienne à intégrer dans ses actions de tous les jours, les connaissances et pratiques fondamentales de protection de l'environnement et en développement durable. Une telle campagne s'adressera à tous les publics et tous les temps de vie, y compris les périodes de loisir et de plaisance. Elle portera sur des messages simples, clairs et visant des objectifs précis et mesurables en vue de préparer le changement de comportement.

Dans cette ordre d'idée, il sera indéniable de responsabiliser les médias et en particulier la télévision qui joue un rôle déterminant sur les esprits et le comportement tout comme la publicité. Les publicistes et les journalistes qui diffusent des informations qui n'accordent qu'une faible part à l'environnement alors que les valeurs véhiculées font la part belle aux modes de consommations doivent être ciblés afin qu'ils changent de comportement. Utilisant les outils informatiques, l'ouverture d'un portail environnemental pourrait permettre aux Internautes l'accès aux informations fiables, faciles d'accès et lisibles.

La campagne de formation du public doit aussi avoir pour cible les gestionnaires des villes qu'il faudra aussi inciter à développer des politiques locales de formation et d'éducation à l'environnement et au développement durable par exemple en formant et en nommant des conseillers ou référents dans divers domaines de la vie communale.

Pour que cette campagne puisse répondre au mieux aux différentes caractéristiques des problèmes environnementaux et de la détérioration du cadre de vie, et qu'elle suscite les profonds changements de société et de comportements qui s'imposent, il convient aussi qu'elle soit elle-même porteuse de ces changements par ses caractéristiques. La science sociale et les études de comportement auront une place importante dans les approches. Il s'agira aussi d'appréhender et de faire comprendre la complexité des problèmes d'environnement et, in fine, de faire prendre conscience de la situation d'interrelation et d'interdépendance des êtres humains avec la nature et le cadre de vie. Pour intégrer et comprendre la complexité des problèmes environnementaux trop souvent perçus comme abstraits et lointains, il faudra inclure dans les actions de formation, les expériences de terrain afin de mettre les auditeurs, les jeunes et les adultes en contact concret et émotionnel avec les réalités du terrain.


RESUME

En résumé l'on peut retenir, que la Côte d'Ivoire est l'une des terres les plus fertiles de l'Afrique de l'Ouest, possédant une diversité très riche de faune et de flore, d'autant plus riche lorsque les forêts étaient abondantes.

Au cours des 20 premières années après l'indépendance, la Côte d'Ivoire s'était illustrée de manière soutenue dans un modèle de développement exemplaire en matière de performance économique en Afrique. Sa croissance réelle s'établissait en moyenne à 7% par an. Les conditions de vie des ménages urbains et ruraux s'étaient considérablement améliorées grâce à l'augmentation d'environ 4 % par an en termes réels des revenus par personne. Ce "miracle économique Ivoirien" était dû à l'exploitation de l'abondante ressource naturelle notamment la grande expansion de l'agriculture et de la production de bois avec une moindre contribution industrielle. Elle a été de ce fait, victime d'une déforestation grave, d'un épuisement des ressources, et d'une productivité agricole peu élevée par ce type d'exploitation.

De 1992 à 2010, la Côte d'Ivoire est plongée dans une instabilité sociopolitique avec pour points culminants le coup d'état militaire en 1999 et le conflit armé en 2002. Depuis cette date jusqu'à ce jour, il est observé la hausse de la pauvreté et des inégalités sociales, et la dégradation du cadre de vie.

A l'évaluation on note que le développement de la Côte d'Ivoire a été fauché par une crise dont les impacts sont négatifs sur les conditions de logement, sur la santé environnementale et l'accès aux services sociaux, ainsi qu'à l'infrastructure sociale de base, telle que l'eau potable et les installations sanitaires. L'urbanisation rapide et incontrôlée a exercé une pression additionnelle sur les ressources naturelles et les services municipaux.

Au plan législatif et règlementaire outre les conventions internationales issues des grands sommets mondiaux dont le sommet de Stockholm en 1972, de Rio en 1982, de Johannesburg en 1992 et le dernier relatif au changement climatique à Copenhague, la Côte d'Ivoire s'est aussi dotée de textes législatifs comme le code forestier, le code de l'environnement le code de l'eau, les lois portant police sanitaire des animaux, sur les compétences territoriales des collectivités locales, sur les plans d'urbanisme, etc.

50 ans après l'indépendance, la surface des terres consacrée aux plantations de café et de cacao a quintuplé. La perte de //Glossary Link couverture forestière au profit des activités agricoles a affecté 40 à 50 % des zones forestières. L'emploi excessif d'engrais et de pesticides chimiques dans les exploitations agricoles, l'utilisation du cyanure de sodium et du mercure dans opération minière et autres ont contribué à la pollution du sol, de l'eau et des sédiments. L'urbanisation non contrôlée, et en particulier la surpopulation des villes, ont exacerbé le cadre de vie des populations. C'est ainsi que moins de 45 % des déchets solides sont traités, que 30 % des ménages ont accès à un logement décent, que l'air, le sol et l'eau dont la lagune sont pollués avec pour conséquence l'émergence des infections respiratoires aigües et des maladies graves d'origine aquatique, telles que le paludisme, la diarrhée, le choléra, la fièvre typhoïde l'onchocercose, la bilharziose, le ver de guinée etc.

Comme les autres pays de la planète, elle subit les impacts du développement mondial qui ont pour noms le changement climatique, le réchauffement du globe, la montée des eaux et notamment les eaux marines, l'érosion côtière dont les manifestations remarquables sont observées sur 500 kilomètres de côte et particulièrement à Grand Lahou, à Abidjan, Tabou, Grand Bassam etc.

Par la suite, depuis l'institutionnalisation du Ministère de l'Environnement en 1981 le secteur souffre encore de l'émiettement de ses compétences et peu d'intérêt à lui accordé pour une prise en compte de la protection de l'environnement pour le développement. De plus cette entité a été marquée par une instabilité institutionnelle due à l'absence d'orientations véritables dans la politique du secteur.

Devant la montée des effets nuisibles et impitoyables du changement climatique, de l'insalubrité du cadre de vie, de la qualité de l'air, toutes choses qui menacent l'avenir du pays, la Côte d'Ivoire se doit de réorienter sans attendre son approche de développement axée seulement sur les besoins de la croissance économique et sociale au détriment de la protection de l'environnement. Vu l'importance d'un cadre juridique et institutionnel performant et d'un respect des principes de dynamisation du secteur, les options pour des interventions listées par la suite, touchent les points les plus importants identifiés dans le cadre de l'analyse ci-dessus. Cette analyse révèle que, la transversalité qui pouvait être la force de ce ministère est devenu sa plus grande faiblesse au point où apparemment un sujet est rarement de sa compétence exclusive. Dans la stratégie du futur il conviendra de mettre l'environnement au cœur de toutes les politiques nationales, locales et individuelles de développement et de l'existence. Pour ce faire des stratégies concrètes doivent désormais voir le jour. Il s'agit en premier lieu de passer de la marginalisation et de la dilution des responsabilités du ministère en charge de l'environnement pour traduire concrètement la priorité à accorder à l'Environnement et au développement durable par le renforcement du cadre institutionnel et la création des indicateurs de croissance et de durabilité. En second lieu il sera indispensable de vulgariser l'outil d'étude d'impact environnemental, sociale et culturelle. Il sera aussi déterminant de procéder en troisième point à l'éducation, à la formation, à l'information et à la sensibilisation à tous les niveaux.